Désenclaver les couleuvres

Couleuvre verte et jaune, vipère aspic, couleuvre d'Esculape et couleuvre à collier. / © Jean Chevallier

Elles glissent, elles filent, les couleuvres. Elles écrasent, elles broient, nos voitures. Que faire ?

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La couleuvre à collier est une voyageuse. Tout au long de sa vie, ses déplacements sont rythmés par les saisons et ses besoins vitaux : trouver un territoire, se nourrir, se reproduire, s’abriter pour l’hiver. Comme le montrent les herpétologues du Centre biologique de Chizé, près de Poitiers, ce mode de vie très mobile multiplie les risques de mort violente.

Jeunes sur la route

Plus un serpent se déplace, plus le risque de faire une mauvaise rencontre augmente. Que ce soient les serres d’un rapace, le bâton d’un promeneur ou les roues d’une voiture. Le couleuvreau de moins d’un an par exemple, qui cherche un nouveau territoire, est extrêmement vulnérable. Devenu jeune adulte, l’animal trouve quelques années de répit, grâce à une vie plus sédentaire. Jusqu’à l’âge de se reproduire…

Adultes mobiles

Au printemps, les mâles se déplacent beaucoup pour rechercher une partenaire et par conséquent s’exposent davantage aux dangers. Les femelles, quant à elles, sont susceptibles de parcourir des distances considérables pour rejoindre un site de ponte. La situation est bien plus confortable par exemple pour les femelles de vipères. Car elles mettent au monde des vipéreaux déjà autonomes, sans nécessité de trouver un lieu précis pour déposer les œufs.

Solutions

Dans les régions quadrillées par des routes, les serpents voyageurs sont plus exposés que les autres, en particulier les couleuvres femelles à la recherche de lieux de ponte. Une situation qui peut conduire à la disparition d’une population.

Année après année, les femelles suivent des itinéraires précis, mais personne à notre connaissance n’a encore pris de mesures de protection semblables à celles qui sont mises en œuvre pour la migration des amphibiens.

Une façon plus simple de limiter les déplacements des femelles consiste à leur aménager de nombreux sites de ponte. Cette dernière solution peut sauver les serpents.

© Carte d’après: Grün Stadt Zürich

Vivre à Zurich

Zurich, agglomération suisse d’un million d’habitants, n’a pas été totalement désertée par la couleuvre à collier. Trois populations survivent à Uetliberg-Sihl-Limmat, à Katzensee et à Wehrenbachtobel. Ce dernier lieu, proche du centre, inclut le Jardin botanique. Les petites mares du jardin abritent nombre d’amphibiens, et un tas de compost est utilisé par les couleuvres pour pondre.

Les 3 voyageuses

Chez les couleuvres verte et jaune, d’Esculape et à collier, la mortalité d’origine humaine est importante, qu’il s’agisse d’individus tués directement ou écrasés sur les routes. Ces animaux ont coutume de chasser en se déplaçant. Chez les deux premières, les mâles, plus grands que les femelles, défendent un ­territoire. Ils sont donc très mobiles et subissent de lourdes pertes. Les femelles des trois espèces sont aussi affectées car elles circulent beaucoup pour trouver des sites de ponte.

Les 2 sédentaires

Chez les vipères, la mortalité d’origine humaine est plus faible en raison d’un mode de vie plus sédentaire. Elles chassent à l’affût et donnent naissance à des petits autonomes : elles ne sont donc pas contraintes à de grands déplacements pour pondre ou se nourrir.

Retrouvez la totalité du dossier consacré à la couleuvre à collier : Un serpent ! Sauve qui peut?

Même dans les espaces protégés, les amphibiens déclinent à grande vitesse. En quoi cette catastrophe désormais planétaire doit-elle nous inspirer ? La Salamandre fait le point ici.

Couverture de La Salamandre n°179

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 179
Avril - Mai 2007
Article N° complet

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