Si bien dressé !

Article extrait du dossier Tous à poils!
Poils de taupe au microscope électronique. La grande douceur de cet animal est liée à la structure de ses poils: des écailles minces, qui se recouvrent étroitement. / © Power & syred

Tous pareils, tous différents ! Prolongements filiformes des êtres vivants, les poils foisonnent même là où on ne les attend pas, chatouillant nos convictions et nos croyances. Le rôle du poil serait-il essentiel ?

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Observons la rousse fourrure du renard, un frétillant spermatozoïde et le revers argenté des feuilles de l'olivier. Le point commun ne saute pas aux yeux, mais il est bien là : le poil. Il se dresse insolent à la surface des êtres les plus variés, des bactéries aux plantes, des acariens aux mammifères. Dans le grand catalogue de la vie, difficile de trouver des articles parfaitement glabres. Quand on y regarde de tout près, même les vers de terre et les pétales de rose sont velus. Fibre allongée ancrée à la surface d'un organisme, le poil pousse parfois isolé, parfois en bataillon. Abondant dans la nature, il l'est aussi dans la langue : les populaires « tif », « touffe » ou « crin » côtoient les plus savants « phanère » et « trichome ». Certains puristes réservent le terme « poil » aux seuls mammifères. Nous, nous utiliserons sa définition la plus large pour mieux en faire le tour, des bactéries aux piquantes orties en passant par les insectes et autres lombrics.

Un sacré chantier

Le matériau dans lequel la nature tisse ses poils varie d'une construction à l'autre. La brique élémentaire est parfois une protéine, comme la kératine des vertébrés ou les flagellines des bactéries. On rencontre aussi des sucres complexes telles la cellulose des plantes ou la chitine des insectes. Certaines cellules se couvrent de pilosité en déployant des extensions. Les cils vibratiles des poumons et ceux des protozoaires ciliés en sont deux exemples remarquables.

Le roi des outils ?

La variété des modes d'assemblage des poils et leur présence dans les groupes les plus variés démontrent leur utilité. Au cours de l'évolution, ces appendices capillaires chaque fois réinventés ont offert bien des solutions aux organismes, des plus petits aux plus grands. Pour qu'on fasse si souvent appel à lui, le poil serait-il une sorte de couteau suisse naturel ? Claude Gudin, biologiste, écrivain et penseur iconoclaste en est persuadé. Il va jusqu'à écrire : « Le poil joue un rôle universel dans le monde végétal et animal. » Même si l'homme, cet animal à part, tente désespérément de le rayer de la cartographie de son corps à grand renfort de rasoirs et autres épilateurs.

Plus d'infos étonnantes avec les records de poils.

Couverture de La Salamandre n°202

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 202
Février - Mars 2011
Article N° complet

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