Casse-noisettes

Ecureuil roux perché sur une branche / © Benoît Perrotin

En octobre, l' écureuil en pleine récolte s'affaire. Des épicéas aux noisetiers, il est partout ! C'est le moment de lever les yeux au ciel pour suivre les exploits du lutin roux.

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L'écureuil est l'un des rares mammifères à être à la fois diurne et relativement confiant face à l'homme. Profitons-en ! Il nous attend en forêt, de préférence à proximité de conifères, mais aussi jusqu'en pleine ville dans les parcs et les jardins. L'observer est infiniment plus facile que de surprendre la martre, son ennemi héréditaire. Pas peureux, le rongeur réagit tout de même à l'approche d'un intrus en poussant des gloussements – tsouc-tsouc-tsouc-tsouc – et en grimpant le plus haut possible, en spirale ou derrière le tronc et les branches.

L'écureuil roux évite autant qu'il peut de se poser au sol. / © Benoît Perrotin

L'écureuil répugne à descendre au sol où il est beaucoup plus méfiant et vulnérable. Mais, en automne, il doit multiplier ses expéditions terrestres pour dissimuler ses réserves.
Pour se déplacer entre deux bosquets, le rongeur vise toujours le chemin le plus court, franchi en quelques bonds. A choix, il préférera un saut spectaculaire à une marche dangereuse.
En Isère, des passages à écureuils ont été conçus avec succès avec des câbles tendus entre deux forêts séparées par une route fréquentée.

« Ecureuil suspendu, la tête en bas, en train de "cueillir" les dernières noisettes. » / © Benoît Perrotin

La magnifique queue en panache de l'écureuil est presque aussi longue que le reste de son corps. Elle lui sert à la fois de parachute pour amortir ses dégringolades et le faire atterrir toujours sur ses quatre pattes, de gouvernail pour ajuster sa direction, voire la changer en plein saut, d'édredon confortable à l'heure de la sieste ou encore de couvert temporaire en cas de pluie.

« Le travail des p'tites mains… Ecureuil en train de décortiquer une noisette. » / © Benoît Perrotin

Avec ses deux mains habiles, l'écureuil inspecte et soupèse chaque noisette. Il reconnaît infailliblement à leur légèreté celles qui ont été perforées par le balanin et dévorées de l'intérieur par la larve de cet insecte. Les noisettes vides sont jetées par-dessus bord. Les pleines fermement maintenues la pointe en haut. L'écureuil y ronge un sillon juste assez grand pour glisser ses incisives. Puis il fait facilement éclater la coque en deux parties.

Ecureuil roux en train de décortiquer une noisette / © Benoît Perrotin

En prévision de l'hiver, le rongeur dissimule de grandes quantités de noisettes, de faînes ou de glands dans la litière de la forêt. On a longtemps cru que c'est à l'odorat qu'il retrouve une partie de ses cachettes, mais en réalité il le doit à son excellente mémoire spatiale. Le reste est bien placé pour germer sur place et régénérer la forêt. Ainsi l'écureuil est-il une sorte de jardinier, tout comme le geai ou le cassenoix. Ce que les arbres lui donnent, il le leur rend bien malgré lui.

En montagne, dans les forêts d'épicéas, pas besoin d'amasser des réserves. Les graines minuscules mais très nourrissantes du sapin rouge sont à disposition tout l'hiver. Il suffit à l'écureuil de décortiquer quotidiennement de 30 à 40 pommes de pin. Sous chaque écaille, deux amandes délicieuses.

Ecureuil perché. « Parfois, ils somnolent au soleil bien calés sur une branche. » / © Benoît Perrotin

« Un p'tit champignon à mes pieds… » La mycène est appréciée par les écureuils. / © Benoît Perrotin

Insolite

Il aime les champignons, comme cette mycène, et croque volontiers des espèces toxiques pour l'homme.

Les mâchoires de l'écureuil sont extrêmement puissantes et capables de s'ouvrir de manière beaucoup plus large que les nôtres, ce qui est très utile pour déplacer ses récoltes. La musculature saillante qui actionne ses deux mandibules lui fait de grosses joues de hamster.

Détails d'un pied droit et d'un doigt d'écureuil / © Benoît Perrotin

Pattes de grimpeur

Les pattes de l'écureuil sont parfaitement adaptées à son mode de vie arboricole. Devant, deux petites mains avec une sorte de pouce opposable. Derrière, deux cuisses musclées pour sauter et des griffes qui, comme des crampons, permettent de monter ou de descendre des troncs quasiment à la verticale. Ce dernier exploit n'est partagé qu'avec la martre ou la genette.

Aller plus loin

En pratique, lisez nos conseils pour observer l'écureuil

Le nain rouge, La Hulotte n°36-37

Miniguide n°13 Pister les rongeurs en forêt

Couverture de La Salamandre n°206

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 206
Octobre - Novembre 2011
Article N° complet

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