Au cœur de l’Afrique

Les jours de marché, les villages situés le long du Niger sont reliés par des pirogues. / © Jérôme Gremaud

Carnet de route - La forêt qui borde les fleuves Niger et Casamance bruisse de mille plumes inconnues. Mais elle abrite aussi plusieurs de  nos oiseaux». Rencontre décalée.

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Septième étape d'un voyage en suivant les oiseaux migrateurs - La Salamandre carte

Sur la route entre Rosso et Niamina. / © Jérôme Gremaud

Ziguinchor, Sénégal

1er février

La savane arborée se transforme presque en une forêt. Les lumières changent. Ciel d’argent. Air humide. Descente plein sud en direction de la Guinée-Bissau, dans les mangroves du fleuve Casamance.

Je retrouve le chevalier guignette posé à Ziguinchor, sur une pirogue ; le pouillot fitis dans un palmier ronnier, vers la plage de Kafountine ; les hirondelles au-dessus de l’énorme fromager d’Affiniam, autour duquel les enfants jouent au foot et se marrent en diola.

Septième étape d'un voyage en suivant les oiseaux migrateurs - La Salamandre dessin carnet route

© Jérôme Gremaud

Toujours les migrateurs ! Le tarier des prés a délaissé les vaches des Préalpes pour rejoindre les zébus du Sahel. Le chevalier sylvain, ses tourbières scandinaves pour des marigots peuplés de jacanas. Et la bergeronnette printanière trottine, insouciante, devant la gueule béante d’un crocodile.

Le long de la piste, aux confins du Sénégal et du Mali, mûrissent les mangues. Je pédale en regardant chasser les rougequeues à front blanc. Encore quelques semaines et le temps des départs vers l’Europe battra son plein.

© Jérôme Gremaud

Le long du Niger, Mali

16 mars

Diarandourou, Kassa, Baguineda, Kenengou, Tamani et Segala… les villages se suivent en chapelet le long du fleuve Niger. Reliés côté fleuve par des pirogues les jours de marché. Et côté terre par des pistes « cyclables ».

Les balbuzards sont nombreux au fil de l’eau. Mais celui-là, posé sur son banc de sable, se laisse approcher à quelques mètres. Curieux, non ? Deux pêcheurs bozos expliquent qu’il s’est pris hier dans leur filet et qu’il ne peut plus voler. Puis ils me montrent une bague récupérée la semaine passée sur un autre de ces rapaces. Une bague finlandaise qui porte la mention « Museum Helsinki » . Renseignements pris, cet oiseau a été bagué au nid une année auparavant sur la côte finlandaise!

La suite du carnet de route ici.

Balbuzard pêcheur / © Jérôme Gremaud

Le vol battu du bal

Le balbuzard pêcheur est l’un des seuls rapaces qui traversent la Méditerranée tout droit, et même en pleine nuit. Il n’a pas à faire le détour par Gibraltar, la Sicile ou le Bosphore. Son vol battu est suffisamment puissant pour lui permettre de se passer des ascendances thermiques nécessaires aux buses, aux milans ou aux cigognes.

Les balbuzards venus de France et de Grande-Bretagne s’arrêtent en Afrique de l’Ouest, alors que ceux de Scandinavie vont jusqu’au Botswana ou en Afrique du Sud. Curieusement, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres oiseaux, plus on niche au nord, plus on migre loin au sud. Après leur premier voyage, les jeunes rapaces prennent leur temps : ils restent en général un à deux ans en Afrique avant de regagner le Nord à la recherche d’un territoire.

Retrouvez tous les articles du dossier sur la migration : Voyager avec les oiseaux.

Couverture de La Salamandre n°182

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 182
Octobre - Novembre 2007
Article N° complet

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