Les aider dare-dare

Fleurs des champs / © Benoît Renevey

On ne meurt pas seulement chez les abeilles domestiques. Les sauvages aussi s’éteignent de manière effrayante. Comment peut-on leur venir en aide ? En jardinant bio, en soutenant l’agriculture biologique ou, tout simplement, en semant les fleurs qu’elles aiment !

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Jardins et balcons fleuris

Les jardins familiaux dans les villages, mais aussi en plein cœur des villes, peuvent être d’extraordinaires refuges à abeilles. A condition bien entendu de proposer autre chose que du gazon ras, des thuyas et des pélargoniums !

Parmi les fleurs mellifères à planter ou favoriser, citons par exemple l’esparcette, le buphthalme, l’anthémis, le coquelicot ou la vipérine. Les plantes aromatiques comme le thym, l’origan et le romarin sont également très attractives. Du côté de la haie, privilégiez l’aubépine, le prunellier ou encore le saule, et le cornouiller mâle qui ravitaille les insectes dès le mois de mars. Créez un coin de prairie fleurie que vous faucherez tardivement. Pensez au lierre, qui fait le bonheur des abeilles en automne.

Vous n’avez pas de jardin, mais juste un petit espace sur le balcon ? Fleurissez-le de plantes nectarifères dès le printemps et vous rendrez déjà un sacré service aux abeilles !

© Frédéric Lisak
Panier de légumes chou carotte poireau

© Gilbert Hayoz

Sortir de la mélasse

Forcément sains, les légumes du jardin ? Détrompez-vous ! Plusieurs études menées en France et en Suisse ont prouvé que les sols de nos jardins familiaux sont souvent davantage empoisonnés par les pesticides que les surfaces vouées à l’agriculture intensive. Un coup de RoundUp par-ci, un nuage d’anti-pucerons par-là : c’est vite toute la chaîne alimentaire qui tousse, jardinier compris.

Heureusement, le vent tourne. Le RoundUp a enfin été reconnu dangereux. En France, les initiatives se multiplient. On bannit les pesticides de l’entretien des routes. Même la grande chaîne de jardinerie Botanic a renoncé à tout engrais et poison de synthèse. En Suisse, les garden center n’en sont malheureusement pas encore là. Aujourd’hui, le jardinage biologique étale ses preuves et nous devrions tous l’adopter ! Il nous offre un cadre de vie sain, et accessoirement des fruits et des légumes meilleurs. Les abeilles, évidemment, nous en seront reconnaissantes.

HLM simplissimes

Hôtel à insectes bois abeille

© Benoît Renevey

OK pour le couvert ? Reste à trouver le gîte ! Les abeilles sauvages doivent en effet pouvoir aussi se reproduire. Dès le printemps, nombre d’entre elles se mettent en quête de bois pourri, de tiges à moelle tendre, de ronces, d’argile où pondre leurs oeufs. Mais là encore des jardins trop propres ne conviennent pas.

Osez un peu de désordre tout au long de l’année : tas de bois, tas de pierres, tiges fanées… Construisez-leur des nichoirs : bûche percée de trous, mini-fagots de tiges de sureau et de ronces suspendus au soleil ou, le nec plus ultra, hôtel à insectes à plusieurs étages. Bien sûr, ces abris ne vont pas résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontées les abeilles. Mais ils nous offrent l’occasion de mieux les comprendre. Entrer dans l’intimité de ces insectes, sensibiliser notre entourage, ce n'est déjà pas négligeable !

Pour aller plus loin...

> Le film

Sur la planète des hommes, les abeilles dépérissent, victimes d’un mal mystérieux. Notre film « Miel ou déconfiture ? » plonge dans l’intimité de la ruche. La vie fascinante des abeilles nous révélera-t-elle les clés de leur déclin ? Et si les abeilles disparaissaient ? « Miel ou déconfiture ? », un film de Daniel Auclair disponible sur DVD.

> Le miniguide

Comment reconnaître les 26 abeilles les plus répandues ? Comment leur donner un coup de pouce ? Découvrez notre guide de poche et entrez autour de chez vous dans un monde bourdonnant.

Un apiculteur en action arbre abeille ruche essaim

© Eric Tourneret

> L'apiculture

Vous rêvez de devenir apiculteur ? Surtout, ne vous laissez pas décourager par les menaces qui pèsent sur les colonies. Pour vous lancer dans l’aventure, rien de tel que de profiter des conseils d’un apiculteur chevronné. Regardez bien, il y en a sûrement un tout près de chez vous, qui sera heureux de vous transmettre sa passion.

Il existe également de nombreuses associations d’apiculteurs prêtes à vous épauler dans vos débuts.

En France : contactez l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF)
En Suisse : contactez la Société romande d’apiculture (SAR)
Le Centre suisse de recherches apicoles a mis au point des stratégies efficaces de lutte contre le varroa, à base d’acide formique, d’acide oxalique et de thymol. Ces molécules sont beaucoup moins toxiques pour l’environnement et la santé de l’apiculteur que certains produits chimiques encore largement utilisés en France.

Retrouvez tous les articles du dossier : La révolution des abeilles.

Couverture de La Salamandre n°185

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 185
Avril - Mai 2008
Article N° complet

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