Quand le monde rougeoie

Article extrait du dossier Rouge, la reine des couleurs
Roches en mille-feuilles / © Gilbert Hayoz

Le rouge est là, dans le ciel, sur le sol ou sur la peau, soudain, comme une lueur chaude. Le pourquoi du comment en photos.

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Cailloux

Roches rouges photo

Roches rouges / © Gilbert Hayoz

Le fer est un élément très abondant sur Terre. Mais il n’apparaît sous sa forme rouge qu’une fois oxydé en présence d’oxygène. Un caillou rouge ne l’est souvent qu’en surface, coloré au contact de l’air ambiant. Il y a 3 milliards d'années, avant que les bactéries et plantes n'inventent la photosynthèse, l’atmosphère de notre planète était dépourvue d’oxygène. On peut imaginer qu’alors, faute d’oxydation du fer, il n’existait pratiquement pas de roches rouges.

Champignons colorés / © Gilbert Hayoz

Champignons

Pourquoi beaucoup de champignons sont-ils si vivement colorés ? Peut-être pour attirer les animaux qui les mangent et qui en disperseront les spores. Plus certainement parce que ces pigments les aident à neutraliser les éléments toxiques présents dans le sol. Leurs colorants se fixent en effet au césium, au plomb ou au mercure et détonifient ces métaux lourds avant qu’ils ne puissent les empoisonner.

Sable compressé en roches en mille-feuilles / © Gilbert Hayoz

Sables

Les roches continentales ferrugineuses s’érodent peu à peu en sable emporté jusqu’au fond des lacs et des océans. Avec le temps, ce sable compressé forme de nouvelles roches en mille-feuilles. Leurs couches peuvent présenter toutes les nuances du rouge brun au jaune clair. La coloration témoigne du climat au moment de leur formation. Une couche très rouge correspond à une ancienne période chaude, une couche jaune à une période très humide et, enfin, une teinte plus claire à une période plus sèche et moins chaude.

Ciel rouge photo

Ciel rouge / © Gilbert Hayoz

Ciels

Le ciel nous apparaît bleu parce que les gaz de l’atmosphère réfléchissent surtout la composante bleue de la lumière du soleil. Mais quand celui-ci s’abaisse sur l’horizon, la lumière parcourt un trajet considérablement plus long à travers l’atmosphère. Tout le bleu a été absorbé. Parfois, il nous reste une magnifique couleur résiduelle orange ou rouge qui teinte ciel, nuages ou montagnes.

Lichens / © Gilbert Hayoz

Lichens

Un lichen est le mariage entre un champignon et de fragiles algues microscopiques. La couleur du premier protège ses hôtes végétaux des ultraviolets dévastateurs. Voilà pourquoi certains lichens sont particulièrement colorés en montagne ou au bord de la mer, milieux surexposés au rayonnement solaire.

Sphaigne de Magellan, une mousse qui vit dans les tourbières. / © Gilbert Hayoz

Mousses

Certaines mousses ont des pigments dont la couleur varie selon l’acidité. La sphaigne de Magellan, par exemple, vit dans le sol gorgé d’eau des tourbières. Une variation du pH peut faire varier sa couleur du rouge éclatant au jaune pâle.

goutte sang doigt rouge

Goutte de sang, coloré par l'hémoglobine. / © Gilbert Hayoz

Sang

Notre sang doit sa couleur à l’hémoglobine. Cette molécule responsable du transport de l’oxygène est puissamment rouge, teintée en son cœur par un atome de fer. Quand nous rougissons de honte ou de colère, c’est simplement que nos vaisseaux sanguins, dilatés par l’émotion, font affluer du sang sous notre peau.

Feuilles sans chlorophylle, en automne / © Gilbert Hayoz

Feuilles

Indispensable à la photosynthèse, la chlorophylle verte est le pigment le plus abondant sur Terre. Mais c’est aussi une molécule très sensible aux ultraviolets. Heureusement, les feuilles contiennent une véritable batterie d’autres pigments, anthocyanes rouges, carotènes rouges, orange et jaunes. Ceux-ci protègent la chlorophylle d’un rayonnement solaire trop intense, surtout au printemps et en été. En automne, les feuilles décomposent finalement la chlorophylle pour rapatrier dans les racines le magnésium qu’elle contient. Cette disparition du vert marque l’heure de gloire des rouges et des oranges, parfois renforcés par des pigments rouges supplémentaires qui apparaissent à la mort de la feuille.

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Couverture de La Salamandre n°189

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 189
Décembre 2008 - Janvier 2009
Article N° complet

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