Blanc de A à Z

Article extrait du dossier Lumières sur le blanc
Harfang des neiges / © Vincent Munier

De Absence à Zinc en passant par Quasar, 26 histoires petites et grandes pour mieux cerner la diversité d'une couleur arc-en-ciel.

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A) Absence

Dans beaucoup d'expressions, le blanc suggère une absence, un manque, une privation. C'est le cas en français, mais aussi dans d'autres langues. Ainsi, une page blanche se définit par l'absence de texte. Une nuit blanche est une nuit sans sommeil. Une voix blanche n'a pas de timbre. Un suffrage blanc n'exprime aucune opinion. Une balle à blanc n'a pas de projectile, un chèque en blanc aucun montant… Quant au mariage (> vierge) , il est traditionnellement associé au blanc de la pureté et de la fidélité. N'empêche qu'on parle aussi de mariage blanc pour une union non consommée…

B) Banquise (plus de)

A ses latitudes extrêmes, la Terre est blanche. Mais pour combien de temps ? Au Nord, les immenses étendues de glace marine (> glace) flottant à la surface des océans ont perdu plus de 30 % de superficie depuis 1979, au début des mesures par satellite. La stabilité, voire la légère croissance de la banquise observée en Antarctique depuis quarante ans est loin de compenser ce déclin.
En vertu du principe d'Archimède, la fonte de la glace marine ne participe pas à la hausse du niveau des océans. En revanche, elle perturbe le Gulf Stream et d'autres courants océaniques qui sont d'importants régulateurs climatiques. Sans parler de toutes les espèces en sursis parmi lesquelles l'emblématique ours blanc.

C) Contrastes

Les trois couleurs au contraste desquelles nous sommes le plus sensibles sont le blanc… et le noir et le rouge, en quelque sorte ses deux contraires.
Le rouge est la plus ancienne de nos couleurs. Qu'emportaient pour tout bagage nos ancêtres chasseurs-cueilleurs ? Du silex… et de l'ocre ! Avec ce pigment qu'ils savaient moduler en le réchauffant, ils peignaient des animaux, enduisaient leur visage et ornaient leurs sépultures. Puis est venu le noir du charbon et le blanc du kaolin, une argile immaculée qu'on utilise aujourd'hui pour faire des porcelaines.
Rouge, noir et blanc, c'est la préhistoire des couleurs. A travers l'Antiquité et jusqu'au Moyen Age, les systèmes symboliques et les codes sociaux de l'Occident se sont articulés autour de ces trois couleurs. Vêtements, emblèmes, liturgies sont organisés sur l'opposition du blanc et du noir et sur celle du blanc et du rouge. Tout y est entre le clair et le sombre, le plein et le vide, le froid et le chaud ou encore le propre et le sale… Le bleu, le vert et le jaune sont inexistants, honteux ou de mauvais goût. Ces nouvelles couleurs n'émergeront qu'à partir du XIIe siècle dans les vitraux, les parchemins et les étoffes.

D) Dante

Le poète et écrivain Dante Alighieri est l'un des pères de la langue italienne. Mais l'auteur de la Divine Comédie a aussi été un politicien actif à Florence. Saviez-vous qu'il militait pour les guelfes blancs, parti opposé à celui des guelfes noirs? A la fin du XIIIe siècle, ces deux factions se disputaient le pouvoir politique et économique de la cité toscane. Les blancs refusaient l'ingérence du pape dans les affaires politiques florentines. Et les noirs défendaient les intérêts des familles les plus riches et admettaient l'autorité du Saint-Père.

E) E=mc2

En 1905, Albert Einstein énonce l'équation la plus connue du XXe siècle. Mais que veut dire E=mc2, cette équivalence qui a révolutionné la physique moderne en annonçant l'âge du nucléaire (> uranium) ? D'après le célèbre physicien aux cheveux blancs, une particule de matière représente une énergie (E) équivalente à la multiplication de sa masse (m) par la vitesse de la lumière (c) au carré. La masse peut devenir énergie, comme dans le soleil où la fusion nucléaire de l'hydrogène produit de l'énergie lumineuse. Grâce à Einstein et à la lumière de milliards d'astres qui constellent la voûte céleste, voilà l'Univers un peu moins obscur et mystérieux.

Lagopède alpin / © Vincent Munier

F) Flocons (tous différents !)

Un peu d'eau, beaucoup d'air. Tels sont les deux ingrédients nécessaires à la naissance d'un flocon de neige. Ce petit miracle léger et instable se forme dans un nuage à une altitude de 5000 à 6000 mètres. Là-haut, il fait entre -10°C et -30°C. Dans l'air glacé et saturé d'humidité, l'amorce d'une poussière fait geler une minuscule gouttelette en un cristal de forme hexagonale. De proche en proche, d'autres gouttes rejoignent la construction et prolongent peu à peu les bras d'un cristal à l'architecture totalement unique. Si l'on tente d'estimer le nombre de petites étoiles ainsi produites depuis la naissance de la Terre, cela représente un chiffre à 35 zéros. En d'autres termes, il se serait créé depuis quatre milliards d'années une quantité de flocons équivalente à 50 fois le poids de notre planète.
En 1880, à l'âge de quinze ans, l'Américain Wilson Bentley est fasciné par ces beautés éphémères qu'il découvre à travers un microscope. Le jeune homme décide alors de dédier sa vie à cette variété infinie. Grâce au développement d'une technique de prise de vue inédite pour l'époque, « Monsieur Flocon » rassemble en quarante ans une collection de plus de 6000 cristaux de neige d'une troublante beauté, tous immortalisés par des froids de canard.

G) Glace

Froid polymère transparent à blanchâtre, la glace n'est rien d'autre que l'état solide de l'eau qui présente une caractéristique étonnante. Au contraire de presque toutes les substances, plus denses à l'état solide que liquide, les molécules d'H2O s'espacent en gelant. C'est pour cela que la glace flotte dans votre verre de sirop. Et les icebergs aussi d'ailleurs.
La glace réfléchit la plus grande partie du rayonnement solaire. La fonte des banquises et des calottes glaciaires assombrit par conséquent la surface de la terre, ce qui accélère son réchauffement. Au contraire, la baisse de température qui a précédé les glaciations a provoqué une avancée des étendues glaciaires. Une Terre plus blanche réfléchissait plus d'énergie, ce qui a accentué dans l'autre sens le changement climatique.

H) Hygiène… et superblanc

Le blanc, c'est hygiénique ! Voilà qui explique la couleur de nos draps (> lave plus blanc), mais aussi de nos frigos, de nos baignoires ou des blouses de nos médecins. Le blanc rassure. Dans notre quête d'un blanc absolu, nous avons même trouvé une sorte de superblanc. Au Moyen Age, c'était le doré qui jouait ce rôle dans les enluminures. Aujourd'hui, le plus blanc que blanc, le plus froid que froid est symbolisé par le bleu glacial de nos congélateurs ou de certains bonbons. Le froid aussi, c'est hygiénique et ça conserve !

I) Inuit !

En 1991, le linguiste Goeffrey Pullum publie un livre incendiaire : « Le grand canular du vocabulaire eskimo ». Il y dénonce l'inflation du nombre de mots attribués aux Inuits pour exprimer toutes les nuances possibles de blanc. Sept selon les premières études anthropologiques, puis vingt, puis cinquante, puis une centaine… Au-delà de cette polémique, l'attention que prêtent les hommes du Grand Nord aux variations de la neige et de la glace est une question de survie. Leur vocabulaire exprime de très subtiles nuances entre le blanc le plus mat et le plus brillant. Pareil chez les Japonais culturellement très attachés à cette couleur. En comparaison, le lexique du blanc est d'une consternante pauvreté dans les langues indo-européennes (> weiss).

J) Jupiter ou le blanc divin

Chez les Romains, Jupiter est la divinité suprême. Père des hommes et maître de tous les dieux, il a pour symbole la foudre et le tonnerre. Ce n'est pas pour rien qu'on lui attribue la plus claire des couleurs, le blanc ! Lors des sacrifices en son honneur, on choisit des chèvres, des agneaux ou des bœufs toujours de sa couleur. Le jour où le général romain Marcus Furius Camillus entra dans Rome sur un char tiré par quatre chevaux blancs pour célébrer sa dernière victoire, il provoqua un véritable scandale. Le militaire fut exilé pour avoir emprunté un mode de transport réservé au dieu suprême.

Grandes aigrettes / © Vincent Munier

K) Kelvin ou le zéro absolu

Quelle est la couleur du froid ? Blanc ! Et si l'on pousse ce froid à l'extrême, on approche de la température la plus basse qui puisse exister : le zéro kelvin. Ce zéro absolu, qui fascine tout physicien, représente l'absence totale de chaleur (> absence) . A -273,15 °C ou 0 K, les atomes et les molécules sont figés dans un état d'énergie minimale. On dit que l'entropie ou degré d'agitation des particules est nulle.
En 1848 William Thomson, alias Lord Kelvin, a fixé l'origine de son échelle de température absolue à 0 K. Par définition, les températures en kelvins ne sont par conséquent jamais négatives.

L) Lave plus blanc !

Le blanc, c'est la couleur du propre (> hygiène) . On nous vante même la perfection de lessives capables de laver plus blanc. Pendant des siècles, toutes les étoffes qui touchaient le corps devaient être de cette couleur. On faisait bouillir draps et habits pour les laver. Seul le blanc résiste à pareil traitement. En plus, sur un tissu blanc, on voit tout de suite une saleté ou une impureté.
Longtemps, on ne pouvait pas concevoir autre chose que le blanc pour les draps. Il a fallu beaucoup de temps pour qu'on autorise les autres couleurs à apparaître dans la literie, d'abord avec des teintes pastel ou des rayures. Peut-être ce blanc était-il aussi voulu pour qu'on puisse y lire l'éventuelle trace d'une virginité perdue (> vierge).

M) Mort et vie

Le blanc est peut-être la couleur qui nous accompagne le plus fidèlement, celle qui nous ramène à l'essentiel. Nous commençons notre vie dans un berceau blanc. Bébé, nous baignons dans le blanc de l'innocence. Puis nous traversons notre vie avant que la divine couleur ne nous rattrape sur nos cheveux. C'est alors le blanc de la sagesse, de la sérénité intérieure... et bientôt des cadavres et du linceul. Le blanc s'associe au deuil dans de nombreuses cultures. C'est aussi la couleur de l'au-delà et du paradis situé on l'espère quelque part dans le ciel, au-dessus de nuages eux-aussi évidemment blancs.

N) Neige

Snow, Schnee, fioca, neve, neige… Indépendamment de la langue ou du pays, lorsqu'elle tombe, le paysage devient tout blanc et le monde se tait. Ce matériau naturel est un excellent isolant, en raison de la grande quantité d'air qu'il contient (> flocons) . Ainsi, sous la neige, le sol gèle moins profondément et les campagnols restent actifs. Ils creusent volontiers leurs galeries dans l'épaisseur du manteau neigeux. Les habitants du Grand Nord (> Inuit!) ont profité de cette formidable propriété pour construire des maisons de neige : les igloos. Une idée tout sauf bête. Dans ces dômes blancs insonorisés, la température descend rarement au-dessous de 0 °C, même si à l'extérieur il fait -40 °C et que la tempête balaie la banquise .

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O) Origines

De nuit, le ciel s'éclaircit peu à peu lorsque les yeux s'habituent à l'obscurité. Des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de points lumineux apparaissent. Certains astres sont blancs, d'autres jaunes ou bleutés. Les cônes de notre rétine peinent à différencier ces couleurs. Mais des photos réalisées en longue pause révèlent une voûte céleste joliment nuancée de rouges, de bleus et de verts. Les télescopes spatiaux en rajoutent avec de somptueuses images de nébuleuses et de galaxies lointaines multicolores. L'Univers est loin d'être simplement noir, après tout ! Mais au début des temps, quelle était la couleur du cosmos ? A l'origine, tout était-il blanc ?

Chamois bravant la neige / © Vincent Munier

P) Papier (la faute au…)

Aujourd'hui, le blanc est souvent considéré comme un vide qui attend l'encre ou la peinture. Autrefois pourtant, quand les hommes écrivaient sur des papyrus ou des parchemins, c'était la couleur du support de l'époque, autrement dit un beige clair, qui était vue comme non-couleur. Le blanc nécessitait des pigments pour apparaître comme un rouge ou un noir. C'était même une des trois couleurs de base (> contrastes) . L'imprimerie, en généralisant l'usage du papier, support uniformément blanc, a condamné le blanc au statut d'incolore. Pas sûr que cela change avec les écrans de nos nouvelles prothèses numériques.

Q) Quasar

Tel est le nom énigmatique des objets célestes les plus lumineux et qui diffusent la plus forte énergie de l'Univers. Le quasars constituent le noyau des grandes galaxies. Etoiles, gaz et poussières sont avalés par leur cœur sombre appelé trou noir . Rien n'échappe à leur gravité extrême, pas même la lumière. L'énergie qu'ils nous envoient proviendrait de la compression de la matière au moment de son aspiration. Heureusement, point de quasar trop près de nous. Ils sont si loin qu'aucun d'entre eux n'est visible à l'œil nu.

R) Races ?

Caractériser des races humaines par la couleur de la peau, par la physionomie ou la culture a conduit aux pires atrocités. En quoi un Blanc serait-il meilleur ou pire qu'un Noir ? La science n'a jamais pu mettre en évidence un marqueur génétique unique qui corresponde à ces deux teintes de peau. Tout au plus une personne de couleur a-t-elle une concentration de mélanine un peu plus haute. Et c'est tout ! Vouloir définir des races humaines sur cette base n'a pas plus de sens que de le faire d'après la longueur du nez. Mieux vaut s'engager pour réduire les injustices et la violence qui subsistent entre frères et sœurs de toutes couleurs.

S) Spectre

Couleur souvent funèbre, le blanc est aussi la caractéristique des fantômes et des spectres qui viennent réclamer justice ou sépulture. Dans l'Antiquité romaine, c'est déjà dans cette couleur que l'on représente les messagers ou transfuges du royaume des morts. Regardez nos films, nos bandes dessinées : cela n'a pas changé. La BD a ses codes qui viennent de loin…

T) Traces ?

Un paysage couvert de neige est un grand livre où les animaux écrivent leurs vies. Une ou deux nuits après une chute de neige, mille traces racontent les sauts de l'écureuil entre deux arbres, la tournée du renard en lisière ou la fuite éperdue d'un chevreuil à travers une friche… Mais cet alphabet est souvent difficile à déchiffrer. La faute aux métamorphoses de la neige qui rend les contours flous et qui, en fondant, agrandit les empreintes en trous indistincts. Souvent, on ne peut compter que sur le rythme et la disposition des traces pour cerner l'identité de leur propriétaire. Ou alors, les suivre sur plusieurs centaines de mètres dans l'espoir de dénicher une seule empreinte nette. Un passionnant jeu d'énigme.

U) Uranium

La 92e case du tableau périodique porte le symbole U. Dernier des éléments naturels, l'uranium est un métal lourd de couleur gris argenté à blanc. En 1896, Henri Becquerel découvre par accident qu'il est radioactif : ses atomes sont instables et se désintègrent, ce qui dégage de l'énergie. Cette caractéristique est utilisée aujourd'hui dans les réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité avec un rendement nettement supérieur aux combustibles fossiles. A quantité équivalente, l'uranium produit dix mille fois plus d'énergie que le gaz naturel.
Même si cette matière première est blanche, l'énergie produite est tout sauf propre comme nous le rappellent les conséquences terribles des catastrophes de Tchernobyl ou de Fukushima.

Branches de sapins ployant sous la neige / © Vincent Munier

V) Vierge ?

Longtemps, la mariée fut en rouge. Puis la virginité de la femme promise au mariage a pris toujours plus d'importance. Au Moyen Age, il était essentiel pour des raisons d'héritage que les garçons à naître soient bel et bien les fils de leur père. Cette nécessité marque notre culture et amène les mariées à porter une robe blanche qui symbolise leur innocence. La preuve de cette virginité, c'est le drap blanc taché de rouge qu'on brandit à la fenêtre de la maison au lendemain de la nuit de noces.

W) Weiss x blank ?

Autrefois, on prêtait semble-t-il plus d'attention aux différences entre mat et brillant ou entre clair et sombre qu'entre les colorations elles-mêmes. Ainsi, pour les Romains, il existe deux blancs totalement distincts. Albus est le blanc mat qui a donné en français albâtre. Et candidus le blanc brillant. Idem dans les langues germaniques avec blank pour le blanc brillant, proche d'ailleurs du black , le noir brillant… et weiss pour le blanc mat perpétué en allemand moderne. Avec les invasions barbares, la racine blank a supplanté le latin pour donner blanc en français, bianco en italien ou blanco en espagnol.

X) X, chromosome de la couleur

En plus de déterminer le sexe d'un mammifère en combinaison avec son conjoint Y, le chromosome X est impliqué dans la transmission de plusieurs maladies héréditaires. Chez l'être humain, c'est le cas de certaines formes d'albinisme et du daltonisme, où la perception des couleurs est altérée par une déficience des cônes de la rétine. Ces mutations sont récessives, ce qui veut dire qu'elles ne se manifestent qu'en l'absence du gène non muté. En clair, une femme, qui possède forcément deux chromosomes X, a très peu de chances d'exprimer ces maladies parce qu'il est rarissime qu'elle porte la même mutation en deux exemplaires. Chez l'homme en revanche, il suffit d'un problème sur l'unique chromosome X pour que, par exemple, le daltonisme s'exprime.

Y) Yellow

Le développement de l'informatique a popularisé deux abréviations anglaises incontournables quand on parle de couleurs : CMYK et RGB. La première désigne la teinte des quatre encres presque universellement utilisées en imprimerie. Le cyan, une sorte de bleu qui tire légèrement sur le vert, le magenta, un rouge rose et le yellow, autrement dit le jaune. Toutes les couleurs que l'on voit habituellement dans les livres, les revues et les journaux sont produites par combinaisons de minuscules gouttelettes de ces trois teintes primaires auxquelles on ajoute le noir (key en anglais) pour améliorer le rendu des gris. Cet encrage successif avec quatre couleurs, c'est la quadrichromie. Toute surface qui ne reçoit aucun pigment demeure blanche.
RGB désigne la teinte des trois faisceaux lumineux utilisés pour colorer la surface de nos écrans. Red, green et blue pour rouge, vert et bleu. Ces trois couleurs elles aussi complémentaires permettent de créer des teintes beaucoup plus saturées et vives qu'une impression en quadrichromie. Voilà pourquoi nos imprimantes photo les plus modernes ne combinent plus seulement quatre mais six, huit ou douze encres différentes.

Z) Zinc pour Van Gogh

Depuis l'Antiquité, le pigment blanc le plus utilisé en peinture était le blanc de plomb. Cette substance au grand pouvoir couvrant accélérait le séchage des huiles. Malgré sa toxicité, elle était employée comme fard pour le visage depuis la Grèce antique. A la fin du XVIIIe siècle, on troque cette substance nocive pour le blanc de zinc. Quatre fois plus cher, ZnO avait l'avantage de ne pas noircir au contact d'un air pollué. Vincent van Gogh l'a beaucoup utilisé dans ses œuvres. Enfin, synthétisé en 1919, le blanc de titane a rapidement évincé ses concurrents. Sa brillance et son pouvoir couvrant ont fait le bonheur de Picasso, Newman ou Miró…

Prolongez votre lecture avec une interview de Vincent Munier, un passionné de blanc qui est aussi l'auteur des photos qui illustrent cet article.

Couverture de La Salamandre n°220

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 220
Février - Mars 2014
Article N° complet

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