Plutôt limace ou colimaçon ?

Limace léopard / © Gilbert Hayoz

L'escargot est lent et cuirassé. La limace rapide et vite cachée. Coquille ou pas coquille, telle est la question…

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D'un côté Helix pomatia , escargot de Bourgogne, un grand casanier à l'abri dans sa spirale mais lourd et peu mobile. De l'autre Arion rufus , loche rouge, la limace fluo des forêts, sans coquille mais extrêmement mobile, capable de franchir des dizaines de mètres en une seule nuit ou de se dissimuler entre deux feuilles mortes.
En fait, une limace n'est rien d'autre qu'un escargot qui a avalé sa coquille dans son manteau et qui parfois en garde un vestige caché dans le dos. Quant à l'escargot, c'est une limace qui a sacrifié une partie de sa mobilité pour s'offrir une caravane. Les gastéropodes ont le choix entre les deux stratégies. Il semble d'ailleurs que les chemins de l'évolution soient passés plusieurs fois de l'une à l'autre. De jolies curiosités situées à mi-chemin en témoignent. Pour fabriquer sa coquille, l'escargot a besoin de calcium, beaucoup de calcium, une ressource terriblement rare dans les régions siliceuses. Dans certaines parties du Tessin ou du Massif central par exemple, les mollusques à coquille sont peu répandus et leur maisonnette aussi fine que du parchemin. Faute de mieux, les malheureux se livrent à une compétition mortelle en se râpant la coquille les uns les autres. Pas étonnant que, dans ces régions, ce soient les limaces qui dominent. Ailleurs, bardés de calcaire, les escargots représentent la plus grande part de la diversité des gastéropodes terrestres.

De l'escargot à la limace en 6 étapes

Plutôt limace ou escargot ?

Ambrette amphibie / © Ira Richling

Caravane un peu petite

L'ambrette amphibie fréquente les plan­tes aquatiques autour des plans d'eau. Son corps ne parvient pas à se glisser en entier dans sa coquille translucide.

Plutôt limace ou escargot ?

Petite hélicolimace / © Ira Richling

Pouponnière, puis décoration

La petite hélicolimace est un prédateur. Sa minuscule coquille accrochée tout à l'arrière paraît inutile. Les tout jeunes individus peuvent toutefois s'y réfugier.

Plutôt limace ou escargot ?

Semilimace germanique / © Ira Richling

Spirale à viscères

La semilimace germanique possède une coquille spiralée à travers laquelle on aperçoit ses organes. Mais plus question d'y rentrer son grand pied.

Plutôt limace ou escargot ?

Semilimace des montagnes / © Vollfrath Wiese

Coquille engloutie

On distingue encore une coquille légère­ment spiralée chez la semilimace des montagnes, mais celle-ci est entièrement recouverte par le manteau du mollusque.

Plutôt limace ou escargot ?

Limace léopard / © Vollfrath Wiese

Plus qu'un os dans le dos

Chez la limace léopard, il ne reste plus qu'une petite plaque de calcaire invisible en souvenir de la coquille. Cette bête spectaculaire dévore des déchets mi-décomposés ou d'autres limaces… mais jamais de salade !

Plutôt limace ou escargot ?

Loche méridionale / © Vollfrath Wiese

Adieu coquille, bonjour soucis !

Etape ultime avec la loche méridionale qui n'a plus dans le dos qu'une poche avec quelques granulés calcaires. C'est elle le cauchemar du jardinier, la terreur des salades. Originaire d'Espagne et du Portugal, ce mollusque envahissant a colonisé toute l'Europe à partir des années 1950 grâce au développement du trafic de légumes. Elle monte de plus en plus haut en altitude et s'apprête à coloniser les dernières vallées alpines aux potagers encore indemnes. Son ennemi le plus efficace est le hérisson.

Couverture de La Salamandre n°221

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 221
Avril - Mai 2014
Article N° complet

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