Haie d’anniversaire

© Roland Zh

Joanna Menet, chercheuse en sciences sociales nous raconte son envie de planter une haie pour redonner des formes au paysage de l'Appenzell.

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Cinq églantines, quatre aubépines, une demi-douzaine de viornes, du sureau, des épines noires, deux troènes, quelques fusains et deux sorbiers des oiseleurs. Voici la liste de souhaits pour mon anniversaire. Mon projet ? Agrémenter de couleurs, parfumer de fragrances et rallumer la vie dans une prairie fauchée, pâturée et purinée depuis des siècles.
L’idée de planter une haie sauvage m’est venue alors que j’étais en vacances dans notre maison de famille en Appenzell. Le pays des mille collines où humains et vaches se partagent un paysage de carte postale. Hélas, verts jusque sur le pas des portes, les pâturages nettoyés des haies champêtres ont été désertés par les insectes et les oiseaux. Convaincue que chacune ou chacun peut contribuer à changer le monde et épaulée par ma famille, je me suis lancée à coups de pelle et de pioche sur les quelque 80 m2 de terrain derrière la maison. Avec la bénédiction du paysan qui fauchait cette surface jusqu’ici, en novembre nous avons planté un beau bouquet d’essences sauvages pour offrir un garde-manger, un refuge ou un site de reproduction aux animaux.

Haie d’anniversaire - La Salamandre

© Ambroise Héritier

J’espère un jour y fêter à nouveau mon anniversaire entourée de papillons colorés, avec le chant des criquets en arrière-fond et en dégustant un bon sirop de sureau fait maison. En attendant, une pie-grièche écorcheur de passage est venue brièvement se poser sur les rameaux encore grêles des aubépines. Un bel encouragement !

En France, découvrez le témoignage de Nicolas Clouet, un paysan de nature.

Couverture de La Salamandre n°244

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 244
février - mars 2018
Article N° complet

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