L’oiseau qui traverse le Sahara d’une traite – étape#34

© Jean-Philippe Paul

Depuis fin août, la migration du gobemouche noir bat son plein. Le joli passereau qui papillonne du matin au soir dans le jardin intéresse les scientifiques de toute l'Europe.

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Le gobemouche noir ne se reproduit pas dans ma région. Ou alors tout à fait marginalement. On ne l'observe qu'au passage, un peu en avril, beaucoup en août-septembre. Ces jours-ci, il suffit de se poster devant une grosse haie ou dans le verger pour voir voleter celui qui porte si bien son nom. Enfin presque, car le plumage noir du mâle laisse place au brun à cette saison.

Celui que j'observe ce matin apprécie mes barrières en bambou, je peux l'admirer à seulement quatre mètres de la fenêtre. C'est un jeune de l'année. Je repense aux nombreux articles que j'ai lus à propos de cette espèce. Très commun dans les forêts du nord et de l'est de l'Europe, le petit passereau insectivore est très étudié par les scientifiques. Son attrait pour les nichoirs dans les parcs et jardins rend les opérations des chercheurs aisées. Le gobemouche noir a beaucoup contribué à la compréhension de l'impact du changement climatique.

Savez-vous que notre oiseau est une victime des printemps de plus en plus chauds observés en Europe ? Pas de chance, ce migrateur au long cours arriverait trop tard par rapport au calendrier de ces proies favorites, les chenilles. Ces dernières éclosent de plus en plus précocement et ne sont plus synchrones avec le nourrissage des jeunes gobemouches. Famine, succès de reproduction diminué et au final... baisse de la population du pauvre gobemouche. Selon des chercheurs hollandais, ce problème de décalage serait bien plus important dans les forêts de chênes que dans les pinèdes.

Une étude toute récente vient de démontrer que le gobemouche noir peut traverser le Sahara d'une traite, en volant de jour comme de nuit pendant 37-48 heures, évitant ainsi une halte dangereuse en milieu hostile.

Je ne peux m'empêcher d'être admiratif devant cet oiseau si humblement perché sur le bambou. En brûlant ses graisses accumulées en partie grâce aux insectes de mon jardin, le champion va traverser l'immense désert en un seul vol. Chapeau !

Le 16 septembre 2017 - étape#34

Pour étudier les oiseaux, on les équipe souvent de gps et autres petits sacs dos trop lourds. Est-ce un problème ? Réponse d'un spécialiste.

Le gobemouche qui traverse le Sahara d'une traite - La Salamandre

© Jean-Philippe Paul

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