Escargot, portes ouvertes !

Anatomie interne d'un escargot / © Benoît Perrotin, d'après Léon ammes - 1904

Un grand pied, une coquille et ce n'est pas tout. Car les organes de l'escargot se cachent dans sa spirale.

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En 1904, le zoologiste Léon Jammes, chargé de cours à l'Université de Toulouse, publie un volumineux ouvrage sur l'anatomie « des animaux les plus répandus » . Parmi eux, l'escargot disséqué sous toutes ses coutures. Grâce au dessin minutieux de ce savant et au sacrifice silencieux de quelques infortunés gastéropodes, on dispose depuis un peu plus d'un siècle d'un plan complet du mollusque. Le voici mis en couleur par La Salamandre.
Double surprise ! D'abord, on retrouve chez tous les escargots, même les plus petits, les différents organes de notre propre corps sous une forme miniaturisée. Et puis, non seulement le mollusque est entortillé en colimaçon à l'intérieur de sa maison, mais il a les viscères curieusement groupés dans le dos et tordus à 180°. Voilà qui explique pourquoi il a l'anus en avant et l'orifice génital sur le côté de la tête… sans que cela semble lui poser problème.

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Coquille: Au sortir de l'œuf, elle est toute molle. Puis elle devient un vrai coffre-fort. Chez l'escargot de Bourgogne, elle met deux à trois ans pour atteindre sa taille définitive.

Manteau: Sac qui emballe tous les viscères. A l'extérieur, des cellules spécialisées sécrètent la coquille calcaire.

Poumon unique: Replis fortement irrigués du manteau pour oxygéner le sang. L'escargot respire aussi par la peau.

Cavité palléale: Réserve d'air de l'escargot… et citerne à eau si besoin. Des acariens parasites s'y développent parfois en dévorant les globules blancs de leur hôte.

Orifice urinaire

Anus

Orifice respiratoire: S'ouvre et se ferme pour alimenter le poumon en oxygène.

Tube digestif: Replié en V pour permettre la sortie des excréments à l'avant de la coquille.

Glande salivaire

Grand et petit tentacule: Tellement indispensables que, si on les coupe, ils repoussent à l'identique.

Bouche: Quatre lèvres et une langue ultra-râpeuse pour broyer tout ce qui se présente.

Ganglions cérébraux: Avec un si petit cerveau, on comprend pourquoi la mémoire de l'escargot ne dépasse pas deux à trois jours.

Orifice génital: C'est par là que se rencontrent les sexes pendant l'accouplement et que les œufs sortent au moment de la ponte.

Lacunes érectiles: Ces cavités fonction­nent comme un squelette hydrau­lique. En se gonflant de sang, elles permettent au corps de l'escargot recroquevillé de ressortir de sa maison.

Oviducte: Couloir de transit des ovules au moment de la ponte.

Muscle rétractile: En cas de danger, sa contraction complète permet à l'escargot de disparaître entièrement dans sa coquille en deux à quatre secondes.

Glande digestive: Fonctionne à la fois comme foie et comme pancréas. Réserve de graisse, d'eau et de calcium.

Glande hermaphrodite: Usine à ovules… et à spermatozoïdes !

Bourse copulatrice: Chambre de torture des spermatozoïdes des partenaires.

Rein unique

Cœur: Modèle simple avec un seul ventricule et une seule oreillette. 20 à 30 contractions par minute. Dix fois moins pendant l'estivation ou l'hibernation.

Glande à mucus: Injecte un produit miracle sous la semelle. Sans lui, l'escargot serait cloué sur place.

Couverture de La Salamandre n°221

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 221
Avril - Mai 2014
Article N° complet

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