Papouilles et sérénades chez les hulottes

La femelle couve et protège le nid seule, tandis que le mâle chasse pour deux, puis, après l'éclosion, pour toute la famille. / © Jean Chevallier

Monogame, durable et sédentaire, le couple de chouettes hulottes assume le quotidien avec brio. Son secret ? Se séduire chaque année comme si c'était la première fois.

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Octobre, la forêt résonne des hululements insistants du mâle. Un même trémolo pour deux missions : affirmer les limites de son territoire et conquérir sa femelle à nouveau. Déjà en couple depuis de nombreuses années, il renouvelle chaque automne ses appels pour raffermir le lien qui les unit. Elle lui répond sans faillir, avec une voix grinçante, gémissante. Leurs échanges amoureux donnent à la nuit une sonorité incomparable. Celle du mystère des amours sauvages.

Alors, on danse ?

Face à face, chacun sur sa branche. Le mâle entame sa danse et se balance d'un côté à l'autre, de bas en haut. Une aile se lève, puis l'autre, son corps se gonfle, s'ébouriffe. Enfin, il plaque ses plumes et se montre mince, lisse et brillant. La femelle, sans un bruit, assiste au spectacle. Puis elle s'envole. Il l'imite. Suivront caresses et offrandes. Il capture pour elle de nombreux rongeurs. La fréquence d'offrandes de proies la renseigne sur les qualités du chasseur. A cette période-là, la taille de la ponte se détermine en fonction des ressources qui semblent disponibles. Si la nourriture manque, ils renonceront à nicher.

Papouilles et sérénades chez les hulottes

La période des parades est le seul moment où les deux partenaires se toilettent mutuellement. / © Jean Chevallier

Kuwitt mon amour

Elle accepte ses dons, les avale et se laisse toiletter le visage et la poitrine. Ensemble, ils parcourent aussi leur domaine pour choisir l'emplacement du futur nid. Parfois le même que l'année précédente, parfois un autre. Quand le mâle a trouvé une cavité intéressante, il se poste à l'intérieur et appelle sa partenaire avec des gloussements. Elle lui répond avec un cri de contact, kuwitt. Le choix final incombe à la femelle, qui pondra à même la cavité et sera la seule à couver.
Quand le lever du jour pointe ses rayons, les futurs parents se posent sur une branche et se serrent l'un contre l'autre. Leurs yeux se ferment sur une nuit d'amour.

Que donnera cette belle démonstration d'amour? La chouette hulotte au fil des saisons

Couverture de La Salamandre n°201

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 201
Décembre 2010 - Janvier 2011
Article N° complet

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