Rencontres d’altitude

Vue grandiose sur la réserve naturelle de Sixt en Haute-Savoie. / © Fleur Daugey

La pointe de Sales s’élève au cœur de la réserve naturelle de Sixt en Haute-Savoie. A plus de 2000 mètres d’altitude s’étend le domaine du lagopède alpin, l’oiseau secret d’une quête exaltante.

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Au loin, les sommets alpins se dressent en exhibant la nudité des hauteurs de la réserve naturelle de Sixt. Le sentier qui mène aux pelouses caillouteuses se blottit entre les bras des mélèzes et des épicéas. La fraîcheur des résineux compose un prélude à l’expérience de l’altitude. Dans la montée, il faut s’arrêter et admirer la chute de la Pleureuse qui déverse les larmes du Haut-Giffre, ce massif grandiose où vit le lagopède alpin. Un oiseau cousin de la perdrix, rare, timide, fuyant. Autant d’adjectifs qui attisent l’espoir d’une rencontre.

© Fleur Daugey

Siffle, marmotte !

L’ombre des arbres fait place à la liberté du vent : la haute montagne est là. Pas farouches, les bouquetins sont si proches et si paisibles qu’on pourrait les toucher. Les sifflements des marmottes font écho au survol menaçant de l’aigle royal. Ou, plus banalement, au passage des hommes. Du bord des chemins, on remarque les terriers de ces gros rongeurs d’altitude. En reniflant l’entrée, un parfum fauve et sucré titille les narines. Une odeur qui ne s’oublie pas, un souvenir des Alpes.

Photo de gentiane champêtre

Comme le lagopède, la gentiane champêtre a choisi l’habitat ras et caillouteux des lapiaz. / © Fleur Daugey

Plumes de coquettes

Ecrasée par le bleu du ciel, la prairie alpine s’étale, rase et bosselée. Steppique. Le traquet motteux s’y dresse, fier. Chaque rocher devient un trône qu’il revendique. Plus loin, les pipits spioncelles déploient leurs ailes comme une coquette agite son éventail. Ils virevoltent et effleurent les herbes folles pour les faire danser. Et le lagopède, où se cache-t-il ?

L’oiseau camouflage

A la pointe de Sales, le panorama s’ouvre sur le lac d’Anterne. On s’attarde devant le paysage grandiose avant de redescendre vers l’univers minéral des lapiaz. C’est au cœur de ce mille-feuille pierreux que se niche le lagopède. Un as du camouflage si bien caché qu’on pourrait presque lui marcher dessus. L’oiseau attend la dernière seconde pour s’envoler. Accompagnée de ses jeunes, une femelle s’enfuit avec des battements d’ailes sonores. En cette fin d’été, les plumages de ces oiseaux commencent à se parer de quelques touches blanches. Un manteau immaculé fera d’eux les héros invisibles de l’hiver enneigé

Lagopède alpin / © Jean-François Desmet

Menace sur l’oiseau camouflage

En Haute-Savoie, le lagopède alpin fait l’objet d’un programme d’étude conduit par le GRIFEM, un groupe de recherche sur la faune de montagne. En collaboration avec l’ONCFS, les chercheurs ont mis en évidence les menaces qui pèsent sur la survie de cette rareté alpine. Malgré ses talents de camouflage et son isolement en haute altitude, l’oiseau n’est pas à l’abri du dérangement. La chasse excessive, l’extension des domaines skiables et la divagation des troupeaux d’ovins font partie des nombreux dangers. « Des émetteurs posés sur les animaux permettent de suivre leurs déplacements et nous renseignent, entre autres, sur la taille de leurs territoires et leur reproduction », explique Jean-François Desmet, directeur du GRIFEM.

Itinéraire

Accédez à la carte détaillée de cette balade dans le PDF en bas de page.

Grande balade

Sixt-Fer-à-Cheval > le lignon > refuge de sales > pointe de sales > le lignon > Sixt-fer-à-cheval

durée: 6h 00

  • Arrivée en bus e à Sixt-Fer-à-Cheval (1), suivre le GR5 en direction de la cascade du Rouget (2).
  • Rejoindre le parking du Lignon. Suivre le GR5 jusqu’à la cascade la Pleureuse (3).
  • Après les cascades, laissez à votre gauche le chemin qui se dirige vers la combe d’Anterne et poursuivez tout droit pour atteindre le replat du Clos de Sales (4).
  • Le sentier s’élève jusqu’au Pas de Sales. Remontez les gorges (5).
  • A la sortie, une croix a été érigée. Sur le bord du chemin, on découvre une petite chapelle du XVIIe siècle.
  • Arrivée au Refuge de Sales (6).
  • Derrière lui, suivre le sentier jusqu’à la pointe de Sales (7). Retour vers le refuge puis jusqu’à Sixt par le même chemin.

Petite balade

Refuge de sales > brèche du derochoir > refuge de sales

durée: 2h 15

  • Depuis le refuge (6), suivre le sentier qui indique la direction de la Brèche du Dérochoir (8).
  • Arrivée au belvédère avec une vue sur le Mont-Blanc. Retour par le même sentier.

Accès en bus

A la gare routière Cluses, prendre un bus SAT jusqu’au village de Sixt-Fer-à-Cheval, le terminus. Ce bus assure le trajet du lundi au dimanche jusqu’au 1er septembre. Ensuite, il n’est disponible que du lundi au samedi. Rens. +33(0)+33 (0)4 50 98 07 81. Arrivé à l’arrêt de bus de Sixt, s’adresser à l’Office du tourisme tout proche pour toute demande d’information.

L’idée week-end

Le refuge de Sales est une étape de choix. L’accueil est des plus chaleureux et le couchage confortable. Il est possible de se restaurer sur place. Les tartelettes aux myrtilles sont un délice à ne pas manquer. Attention, il est obligatoire de réserver.
Ouverture de mi-juin à mi-septembre.
Nuitée seule 11€, Demi-pension 35€ par personne. +33 (0)4 50 34 47 01

Office de tourisme de Sixt-Fer-à-Cheval

Maison de la Réserve Naturelle à Sixt-Fer-à-cheval. Propose des expositions, et programmes d’animations. +33 (0)4 50 34 91 90, maison.rn.sixt@asters.asso.fr

Couverture de La Salamandre n°199

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 199
Août - Septembre 2010
Article N° complet

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