Vrai-faux sur le bouquetin

Duel de bouquetins à flanc de rochers / © Eric Dragesco

Toute vérité est bonne à dire sur le bouquetin, champion toute catégorie de l'alpinisme.

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1) Les violents duels entre les boucs se terminent souvent par la mort de l’un des deux.

2) Seul le bouc dominant, très agressif, peut s’accoupler avec les éta­gnes en chaleur.

3) A l’âge de deux jours, le cabri est capable de suivre sa mère presque partout.

4) Au printemps, certains bouquetins malades perdent de grosses touffes de poils. Ils se grattent à longueur de journée avec les pattes ou les cornes.

5) Le bézoard est une masse formée de poils, cellulose, résine et sels minéraux. On le trouve dans l’estomac du bouquetin.

6) Le bouquetin est meilleur alpiniste que le chamois.

Vrai-faux sur le bouquetin des Alpes

Cornes de bouquetin dans la brume / © Jérémie Villet

Réponses

1) FAUX Si les affrontements sont rudes, les mâles n’utilisent généralement pas la pointe de leurs cornes. Leur but n’est pas de toucher à mort l’adversaire, mais de démontrer leur supériorité physique avec fair-play. En cas de force clairement inégale, les choses se terminent très vite. Sinon, les affrontements peuvent se prolonger plusieurs heures durant lesquelles il arrive qu’un mâle se blesse à une corne ou à une patte. Parfois, un bouc déstabilisé par un coup peut aussi tomber dans le vide.

2) FAUX Les mâles ont deux stratégies de reproduction. Les plus gros et les plus vieux ont tendance à monopoliser les femelles et à les surveiller pour les féconder au moment de l’ovulation. Les jeunes, plus légers et agiles dans la neige, courent après les étagnes en espérant profiter d’une distraction du dominant. Ils s’accouplent pendant que celui-ci se bat, séduit ou couvre une autre femelle.

3) VRAI Quelques dizaines de minu­tes, tout au plus quelques heures après sa naissance, le jeune tient debout tout seul. Il fera ses premiers pas le jour même. Agé d’à peine 48 heures, il s’aventure déjà dans les pierriers et les pentes escarpées, toujours sous l’œil vigilant de l’étagne. Car c’est une proie possible pour l’aigle royal, le loup ou même le renard.

4) FAUX Les boucs et les étagnes chan­gent naturellement de pelage au cours du printemps. Le duvet de l’été précédent et de l’hiver tombe le premier. Ensuite, les longs poils de jarres se détachent par plaques. Ce processus progressif donne aux bêtes un aspect négligé. Il s’étale sur plus de trois mois, ce qui protège les animaux des coups de gel tardif.

5) vrai Ce conglomérat se développe surtout chez des individus âgés. Habituellement grand com­me un œuf de poule, le bézoard peut atteindre 30 cm de long pour 2 kg. Il était autrefois très recherché, car on le croyait bénéfique contre la dysenterie ou la mélancolie.

6) Partiellement vrai Le chamois est une espèce adaptée aux rochers, mais ses sabots sont plus durs et adhèrent moins bien aux pentes très raides. Entre vires et surplombs, le bouquetin n’a donc aucun rival. En revanche, en terrain enneigé, le chamois léger se déplace plus facilement. Et sa membrane interdigitale augmente la surface de contact des sabots.

Couverture de La Salamandre n°225

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 225
Décembre 2014 - Janvier 2015
Article N° complet

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