Le voyage de l’eau

Paysage sonore sous l'eau. / © Mémi Masson / Bios (photomontage Jean-Luc Wisard)

Depuis plus de 3,5 milliards d'années, l'eau façonne, circule, transite, sans jamais s'arrêter. Et si c'était elle, la bande-son de la vie ?

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A l’aube, l'eau pourrait être la sève d’une plante qui transpire. Elle remonterait jusqu’aux feuilles et là, elle s’évaporerait pour rejoindre l’atmosphère. Mais non, elle poursuit sa descente en glougloutant de plus en plus lentement. Elle est rivière qui s’écoule dans une large vallée. L’eau fait son lit, tapissé de milliards de pierres qu’elle a elle-même arrachées à la montagne puis poussées, roulées, polies pour être enfin déposées ici. Ce lit est une mosaïque vivante que la rivière maintient en constante évolution. Galets nus, plantes annuelles, buissons, bras morts, forêts riveraines… Parfois, après quelques jours passés dans l’atmosphère, la vapeur d’eau se condense. C’est une goutte de pluie qui s’abat violemment contre le sol. Alors elle s’infiltre en profondeur ou ruisselle sur la terre en emportant les limons. Elle gonfle la rivière qui subitement grossit, grossit. C’est la crue ! Certains lui reprochent cette fureur imprévisible, lui ordonnent de se calmer. Mais c’est grâce à ces crues que la vie de la rivière peut s’exprimer dans toute sa richesse. Sans elles, une végétation uniforme recouvrirait rapidement toutes les berges, remplaçant un patchwork extraordinairement varié par une forêt uniforme.

Un texte de Frank Neveu extrait du film Le voyage de l'eau.

Dégustez la séquences audio proposée par Boris Jollivet.

Couverture de La Salamandre n°227

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 227
Avril - Mai 2015
Article N° complet

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