Le feu aux fesses – étape#63

© Jean-Philippe Paul

Cette nuit d'été est l'occasion d'admirer un étrange lampion jaune verdâtre dans le jardin. Ni luciole, ni fée et encore moins extraterrestre, qui est vraiment cet être luisant ?

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La délicate lueur provient du muret en pierres sèches qui borde la terrasse. Un ver luisant ! Cette rencontre surprenante procure toujours l'émerveillement. Habitué à ce que la lumière provienne soit des astres, et donc du ciel, soit des activités humaines artificielles, je ressens comme de la magie à la vue d'une telle lanterne vivante.

En m'approchant, je distingue l'insecte dans sa cavité minérale comme s'il s'agissait d'un pélerin réfugié pour la nuit dans une grotte, auprès d'un feu. Ce n'est pas un ver, mais un coléoptère. Plus exactement un lampyre. Sa particularité est d'être segmenté tout le long de son corps comme une larve de coccinelle par exemple. A l'avant, un casque plat qui surmonte une tête, deux yeux et des antennes. C'est le pronotum. A l'arrière, une puissante émission de lumière, fruit d'une réaction chimique d'oxydation sur une molécule organique, la luciférine, grâce à une enzyme, la luciférase. Ce pouvoir est uniquement l'apanage de la femelle, dépourvue d'ailes et clouée au sol. Sans surprise, ce feu brillant dans la noirceur du jardin est une invitation à l'amour.

Ce n'est que quelques jours plus tard, par hasard, que j'ai découvert monsieur lampyre. Profitant d'une belle nuit du solstice en haut du jardin, j'allume une simple lampe de camping pour lire. Sa lumière rouge diffuse attire en quelques minutes plusieurs dizaines d'insectes sombres et fins avec des élytres parfaitement typiques de coléoptères. Je reconnais alors leur casque plat partiellement translucide, identique à celui observé sur la tête de la belle habitante du mur en pierres. Des mâles vers luisants ! Ils confondent ma lampe avec une femelle géante et s'aglutinent sur elle !

J'éteins la source de lumière et constate alors que certains d'entre eux, très minoritaires, émettent une minuscule lueur au bout de leur abdomen. Bien moins puissante et nettement plus restreinte que celle des femelles. Etrange...

Le lendemain, en fouillant la littérature, je constate la diversité de ces insectes Lampyridés : Lucioles du genre Luciola (absentes de ma région), vers luisants du genre Lampyris comme l'espèce noctiluca observée dans le jardin, leur cousins du genre Lamprohiza etc. De quoi éclairer ma lanterne !

Le 3 juillet 2018 - étape#63

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Retrouvez l'étape#62 en vidéo Bienvenue dans le jardin aux sphinx

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