La vague à l’âme

Paysage sonore au bord de l'océan. / © Jean-Luc & Françoise Ziegler / Bios (photomontage Jean-Luc Wisard)

Vague après vague, le battement du ressac rythme depuis toujours l'union entre la mer, berceau liquide de la vie, et les continents nourriciers.

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Qu'elle semble douce, la caresse imperturbable de l'océan sur la terre. Partout autour du globe la même voix. Proust qualifiait la mer de plaintive aïeule de la Terre poursuivant, comme au temps où il n'existait pas encore d'êtres vivants, sa démente et immémoriale agitation. Cette voix littorale est tantôt déchaînée, tantôt apaisée, selon les humeurs de l'atmosphère, presque toujours accompagnée par les miaulements perçants de goélands pirates ou les disputes nasillardes de mouettes espiègles. Sous toutes les latitudes ou presque résonnent les trilles flûtés et les coups de sifflets de petits échassiers cosmopolites. Ces voyageurs infatigables se ravitaillent sur cette ride de sable fertile qui relie les hémisphères. Aux beaux jours, ce sont les jeux et les rires des vacanciers qui prennent parfois le relais sur la plage.
Dans bien des contrées, le rivage porte de plus en plus la marque sonore du commerce et de l'industrie humaine. Le trafic maritime mondial s'intensifie au tempo des hurlements de cargos. Les arrière-ports grondent nuit et jour la puissance d'un monde en marche. Notre mode de vie étouffe la voix des courlis et casse les oreilles des dauphins. Ainsi se généralise de façon insidieuse ce que l'on nomme désormais la pollution sonore.

Dégustez la séquences audio proposée par Boris Jollivet.

Couverture de La Salamandre n°227

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 227
Avril - Mai 2015
Article N° complet

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