Une vipère au jardin

Dans son édito du numéro 252 de La Salamandre, Julien Perrot vous emmène dans son jardin pour une rencontre pacifique avec la vipère qui y vit.

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J’aime mon jardin. Par petites touches, j’y entretiens un lieu de dialogue et de paix entre l’humain et le sauvage qui me fait un bien fou. Pour les loisirs en famille, il y a des espaces d’herbe rase, une cabane, deux balançoires, des chaises longues, un hamac. Et pour les plantes et animaux qui nous côtoient, une rocaille, des haies champêtres, des nichoirs, une mini-prairie et une mare.

La première fois que j’ai vu une vipère dissimulée au pied du lilas, j’ai pris peur. Pas pour moi, mais pour mes enfants. Un accident est si vite arrivé. Et puis, avec le temps, j’ai constaté l’extrême discrétion de cette voisine. A moins de la chercher, on ne l’aperçoit qu’une ou deux fois par année. Et puis, son territoire est délimité par le passage de la tondeuse. Prudent, jamais le serpent ne s’aventure dans l’herbe courte, là où nous jouons pieds nus.

Cette cohabitation pacifique a appris quelque chose d’important à mes trois enfants. Le serpent continue de leur faire un peu peur, ce qui entretient une saine prudence, mais ils savent combien c’est un animal calme et pacifique. Tellement moins dangereux pour eux qu’une voiture ! Et ce n’est pas tout. La plus belle leçon de la vipère, c’est sa prodigieuse sobriété. Incroyablement économe, elle vit tranquillement, ne mange que quelques fois par année et carbure à l’énergie solaire.

Serpent, on te déteste, on te méprise. Ton mode de vie si durable doit pourtant tous les jours nous inspirer.

Couverture de La Salamandre n°252

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 252
Juin - Jullet 2019
Article N° complet

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