D’un été à l’autre

La vie du castor est rythmée par les saisons. / © Vincent Munier

La vie du castor s'écoule comme une rivière. Elle est rythmée par les saisons, les crues et les décrues. Bouclons la boucle.

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Hiver: Chauffage familial

Pendant de longs mois d'hiver, les castors ne mangent rien d'autre que de l'écorce, de préférence de saule ou de peuplier. Quand il fait doux, les abattages se poursuivent. Par grands froids, leur activité se réduit, mais il n'y a jamais d'hibernation comme chez la marmotte ou le hérisson. Grâce à l'isolation très performante de leur habitation, la chaleur produite par tous les membres de la famille maintient la température au-dessus de zéro même quand il fait -30°C dehors. La seule chose qui peut les mettre en danger est une forte crue qui submerge leur habitation. En cas de gel prolongé, leur exode éventuel peut être fatal.

Printemps: Régime vitaminé

Avec le retour des beaux jours, les castors élargissent considérablement leur menu. A quoi bon abattre des arbres quand on peut déguster de l'oseille, de la reine des prés ou de l'armoise en pagaille ? Ils raffolent particulièrement des rhizomes de nénuphars et des bulbes d'iris. Une raison de plus pour construire un barrage ! Sans cette cure de vitamines et de sels minéraux issus de plus de 100 plantes herbacées différentes six mois par année, les castors dépériraient. Evidemment, le printemps est aussi le temps des naissances. Une fois sevrés, au plus tôt après six semaines, les jeunes sont ravitaillés avec un cortège de gourmandises végétales.

Eté: Climatisation improvisée

Quand les nuits raccourcissent, les castors sont de plus en plus visibles de jour. Mais, pour ces mammifères à fourrure, à partir de 20°C, c'est le début du malaise ! Incapables de transpirer ou de haleter, ils évacuent la chaleur en restant dans l'eau fraîche ou en y trempant leur queue fortement vascularisée. Et évidemment, ils se terrent durant les heures les plus chaudes dans leur chambre isolée contre la canicule. A partir du mois de juin, les jeunes castorins commencent à sortir. Ils sont beaucoup moins méfiants que leurs parents ou leurs grands frères et sœurs. C'est la saison la plus facile pour observer ces animaux.

Automne: Garde-manger chargé

Le temps des abattages arrive avec les crues d'automne. Il n'y aura bientôt plus ni herbes ni feuilles à se mettre sous la dent. Partout dans la forêt riveraine les castors coupent des arbres et débitent des branches qu'ils cachent par dizaines dans leur hutte et surtout au fond de l'eau. Ces réserves d'écorce se conservent parfaitement sous la glace. Accessibles en tout temps, elles les nourriront tout l'hiver. Quand les nuits fraîchissent, ils renforcent et calfeutrent soigneusement les parois de leur hutte ou de leur terrier-hutte avec une couche de vase, de feuilles mortes ou de gravier. La grande cabane finit par ressembler à une espèce de grosse taupinière de laquelle émergent quelques poutres.

Aller plus loin

La minute nature ép. 1 : L'éléphant ou le castor?

Couverture de La Salamandre n°211

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 211
Août - Septembre 2012
Article N° complet

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