L’agenda de l’écureuil

En hiver, l’écureuil doit quitter son nid pour s’alimenter. Si sa queue se mouille, il faudra qu’elle sèche rapidement : l’animal peut prendre froid et en mourir. / © Vincent Munier

L’année d'un écureuil est bien remplie. Coups d'oeil dans son emploi du temps, mois par mois.

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Octobre

Mue et provisions

Les écureuils se confectionnent une pelisse d’hiver grise et chaude, les poils de leur queue et de leurs oreilles s’allongent et s’étoffent. Tous s’empiffrent et font des réserves. Le taux de survie des jeunes nés en juillet est meilleur que celui de la nichée de mars, car la nourriture abonde.

© Jean Chevallier

Novembre

Au chaud

Les jours raccourcissent, le froid s’installe. Les écureuils passent les trois quarts du temps dans leur nid. Quand ils sortent, c’est pour manger. Mais déjà les mâles se préparent au rut de janvier : leurs testicules, qui avaient rapetissé en août, commencent à grossir.

© Jean Chevallier

Décembre

Maturité

Les adolescents ont presque atteint la taille adulte. Les jeunes mâles nés au printemps sont aptes à la reproduction. En moyenne un jeune sur quatre seulement parvient à l’âge d’une année. S’il est débrouillard et a de la chance, il pourra vivre jusqu'à 4 ou 5 ans.

© Jean Chevallier

Janvier

Courses poursuites

La femelle marque son domaine d’un parfum auquel nul mâle ne résiste. Un mâle - le plus gros - la prend en chasse tout en éloignant ses rivaux. Au bout d’une journée de poursuites, la belle se laisse approcher. L’accouplement a lieu sans tarder, car la femelle n’est fertile qu’un ou deux jours par saison de reproduction.

© Jean Chevallier

Février

Après l'union

En vue de la mise bas, la femelle renforce et étoffe son nid d’hiver ou en construit un nouveau. Le futur père ne participe pas à cette tâche : sa présence est tolérée dans le nid et ses parages jusqu’aux naissances. Mais déjà, il fait d’autres conquêtes.

© Jean Chevallier

Mars

Naissances

Après 38 jours de gestation, la femelle met au monde 1 à 4 petits. Elle les allaite durant deux mois et les défend farouchement. S’il le faut, elle changera de nid en portant ses petits par la peau du ventre : ils s’agrippent en enroulant leur queue autour de son cou.

© Jean Chevallier

Avril

Premières sorties

Tant qu’ils sont dans le nid, les jeunes se portent bien : leur mère assume pleinement son rôle. A sept semaines, ils explorent les alentours, mâchouillent feuilles ou écorces et se livrent à des jeux bruyants.

© Jean Chevallier

Mai

Le grand départ

A dix semaines, les petits sont livrés de plus en plus longtemps à eux-mêmes. Leur mère ne rentre pas tous les soirs. Encore trois ou quatre semaines et il faudra partir. Au début, les jeunes ne se quittent pas, puis chacun se lance seul dans la grande vie.

© Jean Chevallier

Juin

Amours toujours

Les petits partis, la génération des parents se lance dans une nouvelle saison des amours. Pendant ce temps, les jeunes adultes tentent de s’approprier un coin de forêt, de construire des nids et de survivre. Plusieurs mourront durant l’été : en cette saison, la forêt n’est pas généreuse.

© Jean Chevallier

Juillet

Seconde nichée

La femelle ne quitte plus son nid : elle a mis bas pour la seconde fois. Il y a en général deux pics de natalité, l’un en mars, l’autre en juillet. Si les conditions sont favorables, les naissances peuvent toutefois s’échelonner de février à septembre.

© Jean Chevallier

Août

Nouveaux fruits

Fin de la disette estivale ! Chacun, chacune se met à manger les nouveaux fruits de la forêt, même s’ils ne sont pas encore mûrs. Au fond de leur nid, les bébés de juillet tètent toujours, mais plus pour longtemps.

© Jean Chevallier

Septembre

Dispersion

Les derniers-nés s’émancipent. Instinctivement, ils commencent à enterrer tout ce qui se mange. Un à un, ils vont se disperser. Ils peuvent parcourir plusieurs kilomètres avant de trouver un endroit où passer l’hiver. On les voit alors souvent traverser imprudemment les routes.

© Jean Chevallier

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Un agenda qui a du panache"

Couverture de La Salamandre n°164

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 164
Octobre - Novembre 2004
Article N° complet

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