Tête en l’air

© Gilbert Hayoz

Sous nos pas craquent les feuilles mortes. S’arrêter. Se taire. Ecouter. Tout là-haut, une écorce crisse. Petits bruits furtifs. Puis silence : l’écureuil se fige, lui aussi. Il nous regarde. Comment sait-il qu’il n’a rien à craindre de nous ?

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Il y a moins d’un siècle, on le persécutait. On le vendait en civet sur les étals des marchés. On le piégeait, on l’empoisonnait, on l’accusait d’abîmer la forêt. Puis il est devenu sympathique.

On s’arrête et on sourit quand on le rencontre. L’animal ne suscite plus ni débat, ni polémique. Il n’y a aucun enjeu économique derrière lui. Il n’est ni chassé ni menacé. En France comme en Suisse, les chercheurs s’en désintéressent. C’est tout le contraire en Grande-Bretagne, et depuis peu en Italie. Là-bas, les études se multiplient, car l’écureuil roux est en train de disparaître sous la pression de son concurrent gris. Là-bas, aujourd’hui déjà, on tente de le sauver à tout prix.

Chez nous, l’écureuil roux se porte bien. Mais les gris se rapprochent. Dans quinze, vingt ou trente ans, qui nous fera lever la tête ?

Le roux ou le gris ?

La « Salamandre » remercie Luc Wauters, Jean Chevallier, John Gurnell, Paul Marchesi, Marie Arnould, Raphaël Weiss et Hélène Jacques pour leur précieuse assistance dans la réalisation de ce dossier.

Couverture de La Salamandre n°164

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 164
Octobre - Novembre 2004
Article N° complet

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