Pas si solitaire que ça, le renard…

Un renard qui trottine en solitaire dans un champ de neige. / © Fabrice Cahez

Le renard trotte toujours en solitaire à travers la campagne. Ce maraudeur a-t-il une vie sociale ? La Salamandre enquête.

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Le renard est un chasseur solitaire qui croise rarement ses semblables. Jusqu’au début des années 1980, on l’imaginait quasiment sans vie sociale. Erreur ! L’avènement des études par radio pistage puis par suivi satellitaire a permis un prodigieux saut en avant dans nos connaissances. Enfin, il était possible de suivre des animaux sauvages 24 heures sur 24 ! On s’est alors rendu compte que goupil entretient constamment ses liens sociaux en déposant des odeurs et en analysant celles des autres. Inutile par conséquent de multiplier des contacts visuels avec ses congénères. Quant à la structure du clan familial, elle s’adapte évidemment aux circonstances… comme presque tout le reste chez notre renard.
S’il y a peu à manger, le groupe se réduit à sa plus simple expression : un couple reproducteur qui défend son territoire et nourrit les renardeaux. Quand la situation le permet, la famille s’élargit à de plus vieux individus ou à des jeunes des années précédentes. Les membres d’un clan coopèrent étroitement selon une hiérarchie clairement établie. Et le groupe contrôle même les naissances. Une femelle dominante qui manque de nourriture produira tout naturellement moins d’ovules… et donc moins de jeunes.

alpha dominant Son aide est indispensable pour ravitailler la portée au minimum pendant les deux premières semaines de vie des renardeaux. Car ceux-ci ont alors besoin de la présence continue de la mère renard pour maintenir leur température corporelle. alpha dominante Elle met au monde en général entre 3 et 6 jeunes. La taille de la portée dépend de la quantité de nourriture disponible.

Adultes bêta S’il y a assez de ressources, le groupe inclut plusieurs autres adultes, majoritairement des femelles. Soit des jeunes des années précédentes qui restent sur place, soit parfois un vieux parent. Au-delà de cinq adultes au total, un groupe a tendance à se scinder en deux.

Portée mixte Des analyses génétiques montrent que les jeunes d’une même portée ont souvent des pères différents. Car une femelle alpha en chaleur peut s’accoupler avec plusieurs partenaires à la suite... et pas seulement avec le dominant.

Renardeaux incertains Les femelles dominées parviennent rarement à se reproduire. Elles ont moins de nourriture et subissent une forte pression sociale : la plupart de leurs accouplements n’aboutissent à rien. S’il y a des jeunes, ils sont souvent tués à la naissance. Quand leur mère inexpérimentée tente de les élever en cachette, cela tourne généralement mal. Seul espoir ? Que sa portée soit réunie à celle de la femelle dominante et que tous les renardeaux soient élevés ensemble.

Itinérants Jusqu’à 15% de la population des renards est composée d’individus solitaires qui n’ont pas de territoire fixe. Ces nomades se déplacent entre les domaines vitaux des groupes familiaux, peut-être en attendant qu’une place se libère.

Couverture de La Salamandre n°231

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 231
Décembre 2015 - Janvier 2016
Article N° complet

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