Une semaine… une vie – étape #58

© Jean-Philippe Paul

Les quatre yeux du petit paon de nuit vous scrutent et vous interrogent. La rencontre avec ce papillon éphémère ne laisse jamais indifférent.

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J'avais pensé à lui dans la journée, me disant que c'était la bonne saison pour espérer le voir. Coup de chance ou incantation réussie, celui que je n'avais aperçu au jardin qu'une seule fois en dix ans s'est présenté le soir-même à la lueur de la lampe. Le petit paon de nuit ! Une femelle, grande et de teinte générale grise.

Ses deux ocelles qui ressemblent à celles des plumes de paon attirent immanquablement l'attention. Quel est leur rôle ? Effrayer un prédateur potentiel ? La beauté de ces motifs invite à respecter le soin que la nature a déployé pour diversifier les êtres vivants.

Mais ce qui fait encore plus cogiter l'observateur admiratif que je suis à cet instant, c'est le destin si éphémère de ce joyau. A peine une semaine de vie pour cette femelle ! Elle n'a même pas la capacité de se nourrir. Aucun organe pour cela ! Sa seule mission : rencontrer un mâle aux ailes ochracées puis pondre. Et mourir... déjà.

Cette nuit-là, je suis resté sur cette question : pourquoi la nature a-t-elle dessiné aussi subtilement ce papillon voué à une vie de clin d'œil ? A l'heure de ces quelques lignes, il est déjà poussière.

Le 13 avril 2018 - étape#58

Suivez désormais chaque quinzaine ce voyage plein de surprises 100 % nature entre le jardin et le pas de la porte. Chaque fois, c'est une observation véritable, datée, localisée et illustrée dans ce carnet de route.

Retrouvez l'étape#57 La cacophonie de la rainette

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