Saint-Remy, village pour la vie

Le village de Saint-Rémz (Haute-Saône) / © Jean-Philippe Paul

Dans le nord de la Haute-Saône, la commune de Saint-Remy se donne à fond pour la biodiversité. Au programme, mille projets créatifs d’un maire prêt à tout pour réunir nature et habitants.

Avatar de Jean-Philippe Paul
- Mis à jour le
Article d'origine par

© Stéphane Vitzthum / Biosphoto

On dirait une publicité pour une réserve naturelle. Pourtant, la brochure Saint-Remy et la biodiversité est éditée par une petite commune d’à peine 9 km2 et 300 habitants nichée au pied des Vosges. Depuis bientôt dix ans, la nature et le développement durable fondent l’engagement local du maire, Christian Mettelet. « Avec comme finalité, le mieux-être de tous et le lien social », précise l’élu riche d’un parcours professionnel dans un cabinet ministériel, puis à la tête d’ONG et de collectivités.
Les chiffres sont impressionnants : 400 arbres fruitiers et 900 pieds de vigne exploités en bio, 2000 mètres linéaires de haies plantés… Pour le plus grand bonheur des chevêches d’Athéna, pies-grièches écorcheurs et autres lièvres qui s’y réfugient ou s’y nourrissent.
Les zones humides profitent aussi de l’ambition municipale. Cinq mares, creusées en plaine, offrent un habitat de choix aux libellules et tritons. Mieux, ces bassins récupèrent les eaux de ruissellement du village après leur décantation dans un fossé paysager. En forêt, une autre mare abrite le sonneur à ventre jaune et la grenouille agile.

Une tour de la canopée pour découvrir le paysage et l’astronomie.

© Frédéric Desmette

Dans le centre-bourg à vocation d’écoquartier, les abeilles sont à la fête : « On a planté des essences mellifères comme le tilleul à grandes feuilles et le lierre grimpant, mais aussi des érables champêtres et des noisetiers », annonce fièrement Christian Mettelet.
Le petit village haut-saônois valorise cette richesse naturelle dans un Atlas de la biodiversité communale. L’ouvrage de 130 pages, préfacé par Jean-Marie Pelt, présente la diversité biologique des lieux aux habitants : 343 espèces végétales, 109 variétés d’oiseaux, 8 d’amphibiens ou encore 28 mammifères différents.
Tous les projets ne sont pas aisés à réaliser ou à faire accepter. Celui de restaurer l’ancien lit de la Superbe, cet affluent de la Saône qui traverse la commune, n’a pas rencontré le meilleur accueil de la part de certains agriculteurs. Une déception pour Christian Mettelet : « Tant pis, je ne veux rien faire passer au forceps. »
Heureusement, les idées fusent de toutes parts. En projet, une tour de la canopée permettra de prendre de la hauteur sur le village pour découvrir le paysage ou s’initier à l’astronomie et à la météorologie. L’édifice sera construit en bois local et en métal pour soutenir le savoir-faire artisanal de la région.
Nature, culture, bien-être social… Ah, qu’il doit faire bon vivre à Saint-Remy !

Dans le canton de Vaud, le Jorat rêve d’un parc naturel.

En Belgique, la barbastelle réinvestit les forêts.

Couverture de La Salamandre n°243

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 243
Décembre 2017 - Janvier 2018
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir