Risque d’avalanches

© Robert Bolognesi

Chaque année, les coulées de neige tuent environ cent personnes dans les Alpes. Une menace sérieuse dont il faut tenir compte.

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Il y a quelques années, j’habitais en montagne et je rentrais à la maison en peaux de phoque à toute heure. Je connaissais tellement bien le coin et ses conditions d’enneigement que je ne me méfiais plus. Une nuit, je me suis retrouvé seul dans des conditions mauvaises. Tout à coup, ça a commencé à craquer de partout, je ne pouvais plus reculer. J’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée. L’habitude m’avait joué un mauvais tour.
Ce n’est pas un novice qui a failli y passer cette nuit-là. Montagnard chevronné, spécialiste de la neige de réputation internationale, Robert Bolognesi connaissait parfaitement le terrain. Sa mésaventure témoigne d’une chose : même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri de la mort blanche. De nombreux guides de haute montagne en ont fait la tragique expérience.

Où est la limite ?

D’abord on ne sait pas. Alors, à moins d’être un casse-cou, on est prudent, on ne prend pas de risques. Peu à peu, avec l’expérience, on gagne en assurance. « On va toujours un peu plus loin vers la limite. Mais on ne sait pas où elle est, cette limite. Quand elle est là, c’est trop tard. »
Continuer? Renoncer ? Certains signes ne trompent pas. Ce sont pourtant souvent des arguments irrationnels qui emportent la décision: « On est en retard, l’autre groupe va nous rattraper, on est des cracks… » Et tombe la montagne.

La mort blanche

Risque d’avalanches - La Salamandre

© Robert Bolognesi

L’avalanche ne pardonne pas. Au bout d’un quart d’heure seulement, nos chances de survie sous une coulée sont déjà réduites de 50 %. Pour Robert Bolognesi, « celui qui part sous une avalanche est un homme mort. S’il en réchappe, c’est un miraculé. » Les sauveteurs héliportés ne dégagent sauf exception que des cadavres. Le salut, s’il existe, vient des survivants, car eux peuvent agir dans les minutes qui suivent l’avalanche. Encore faut-il savoir utiliser sa pelle, son émetteur-récepteur et sa sonde, trois accessoires indispensables au ski de randonnée.
La mort blanche ne se contente pas toujours de frapper loin des villages, en haute montagne. Les grandes avalanches de Val-d’Isère en 1970, puis celles du Valais, de Chamonix et de Galtür en 1999 ont provoqué une spectaculaire prise de conscience. Reste que, quand parfois il faudrait déclasser des terrains constructibles, de sérieux intérêts économiques s’opposent à la prudence…

« Quand l’aubépine fleurit, il y aura encore de la neige. » Bernex (GE)

Risque d’avalanches - La Salamandre

© Robert Bolognesi

La plus rapide

L’avalanche de poudreuse se déclenche souvent après de fortes chutes de neige. C’est une nuée blanche accompagnée d’un souffle terrible qui peut dévaler la montagne à plus de 200 km/h.

Risque d’avalanches - La Salamandre

© Robert Bolognesi

La plus mortelle

L’avalanche de plaque se produit quand de la neige s’accumule sur une couche instable. Le simple passage d’un skieur peut suffire à la déclencher. Difficile à prévoir, c’est elle qui fait le plus de victimes.

© Robert Bolognesi

La plus lourde

L’avalanche de fonte est fréquente au printemps, quand la neige gorgée d’eau devient dangereusement lourde. Rien ne résiste à sa masse énorme qui descend à 30 km/h.

Couverture de La Salamandre n°165

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 165
Décembre 2004 - Janvier 2005
Article N° complet

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