Retour au sommet

Le long des crêtes du Jura, les coccinelles à sept points sont prêtes pour l’hiver à la fin du mois de septembre. / © Gilbert Hayoz

En fin d’été, les coccinelles se concentrent par milliers au sommet des montagnes. Une stratégie originale pour passer l’hiver au sec.

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En été, les pucerons deviennent rares. Alors les jeunes coccinelles se rabattent sur d’autres insectes, broutent des fleurs, grappillent du pollen. Tant qu’il y a à manger, elles accumulent les réserves, gonflant leur abdomen de graisse. Puis beaucoup s’assoupissent dans les feuilles mortes ou se terrent dans un coin du jardin, sous une touffe d’herbe. Mais s’il y a une montagne en vue, certaines préfèrent s’y retrouver, parfois par milliers. Elles peuvent ainsi parcourir en vol jusqu’à une quinzaine de kilomètres. Cette migration, grande et risquée pour de si petits insectes, se déroule de juillet à octobre.

© Gilbert Hayoz

Au sec, au froid

Plus un sommet est isolé et élevé, plus il attirera les coccinelles : on en a retrouvé dans les Alpes jusqu’à une altitude de deux mille mètres, et même à quatre mille mètres dans le Haut-Atlas. D’année en année, les rassemblements se perpétuent aux mêmes endroits. Mais pourquoi se donner rendez-vous si loin, si haut ?

© Gilbert Hayoz

Parce qu’à la fin de la belle saison, la montagne offre plus de fleurs et d’insectes, et qu’ici l’accumulation de réserves peut durer un peu plus longtemps qu’en plaine. Mais surtout, les coccinelles se rassemblent près des crêtes ventées et face au sud pour fuir l’humidité. Toute moiteur durant leur sommeil hivernal favorise en effet le développement d’un champignon microscopique qui les étouffe sous son feutre blanc. Quant au froid constant qui règne là-haut, il les préserve d’un réveil inopiné en plein hiver.

Par milliers

Ces rassemblements permettent aux coccinelles serrées les unes contre les autres de mieux résister aux basses températures. Ils favorisent aussi la rencontre des sexes. Parfois les coccinelles commencent à s’accoupler juste avant l’hiver, les femelles mettant les spermatozoïdes au frigo en vue du printemps. Il semblerait même qu’une longue période de froid soit nécessaire à la parfaite maturation de leurs ovaires.

© Gilbert Hayoz

Question de température

Les coccinelles serrées les unes contre les autres résistent bien aux grands froids hivernaux, mais elles sont très vulnérables aux gelées précoces ou tardives, quand leur léthargie est moins profonde. Suivant les conditions météo, 10 à 90 % d’entre elles ne se réveilleront pas.

Retrouvez la totalité du dossier consacré aux coccinelles : Sur la piste des coccinelles.

Hiberner fait perdre la mémoire? Réponse ici.

Couverture de La Salamandre n°173

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 173
Avril - Mai 2006
Article N° complet

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