Retour à la terre – étape#42

© Jean-Philippe Paul

Au pied de la haie champêtre du jardin, gisent les feuilles mortes emportées par le vent. Novembre décoiffe les arbres et nourrit la terre.

Avatar de Jean-Philippe Paul
- Mis à jour le
Publié par

Je vois les merles et les pinsons danser, sautiller ou plonger la tête entière dans le tapis multicolore. Cette litière, où la vie rencontre la mort, est probablement l'univers le plus extraordinaire qu'il soit donné de découvrir à deux pas de sa porte. Collemboles, larves de mouches, cloportes, limaces, lombrics et bactéries vont recycler cette œuvre d'art pour produire un humus nourricier.

J'en ramasse une partie afin de couvrir le jardin pour l'hiver. J'importe ainsi le génie biochimique de la forêt au service du potager. Petit exercice en passant : combien de variétés sur ce demi-mètre carré tiré au hasard ? Au moins sept : noyer, noisetier, frêne, aubépine, cornouiller, érable et viorne.Nettoyer le reste ? Pas question. Tant pis si la pelouse ne fait pas Versailles, le land art régale les oiseaux et redistribue à la haie ce qu'elle a créé.

Trop de souffleuses acharnées vrombissent en ce moment dans les parcs urbains et les jardins bien peignés. J'offre un refuge aux feuilles mortes et garantis leur droit fondamental au retour à la terre.

Le 13 novembre 2017 - étape#42

Relire notre incontournable dossier primé Voyage au centre de la terre.

Etape n° 42 de Mon voyage au jardin.

© Jean-Philippe Paul

Suivez chaque semaine l'itinéraire de ce voyage plein de surprises 100 % nature entre le jardin et le pas de la porte. Chaque fois, c'est une observation véritable, datée, localisée et illustrée dans ce carnet de route.

Retrouvez l'étape#41 La survivante

Une semaine sur deux, Mon voyage au jardin est envoyé par e-mail aux abonnés de la rubrique.

Réagir