Leçon N°7 : Garder ses distances

Triton crêté mâle / © Photoshot / Mark Bowler / Biosphoto

Les pudibonds peuvent se reproduire sans avoir de contact physique avec leur partenaire. Tout en retenue, à distance.

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A deux, à trois, tout seul, dos à dos, sur une patte… Dans le règne animal, les postures d’accouplement sont pour le moins hétéroclites. Certaines espèces manquent toutefois d’audace et n’osent même pas se toucher.

Le cadeau aspiré

Chez le triton crêté, les couples évitent tout contact physique. Par quel miracle peuvent-ils néanmoins se reproduire ? Facile, ils se passent une drôle de balle… Après une danse aquatique spectaculaire, rythmée par des ondulations du corps et quelques puissants coups de queue, ça y est, le triton crêté mâle a séduit sa belle. Maintenant, il se détourne de quelques pas et dépose un petit paquet sur le fond. Appelée spermatophore, cette masse de spermatozoïdes va ensuite être saisie par la femelle. Lorsque celle-ci s’avance au-dessus, ses voies génitales s’ouvrent pour le capter et le stocker à l’intérieur de son corps. C’est dans la boîte, ils ont fait leur affaire et seront parents sans s’être touchés une seule fois.

Larguer vos semences

Dans le milieu aquatique, mâles et femelles gardent généralement leurs distances. Pour les poissons, l’activité sexuelle des mâles se limite souvent simplement à décharger sa semence dans l’eau. Pour que spermatozoïdes et ovules aient une chance de se rencontrer, les cycles sexuels sont cependant synchronisés et les géniteurs veillent à se rassembler au bon moment.

Même lâchées à un endroit et un moment opportuns, la plupart de ces cellules ne s’apparieront jamais. Heureusement, les femelles s’y mettent de manière astronomique pour augmenter la probabilité d’une rencontre : 60 millions d’œufs chez la maman oursin, 10 millions chez la moule ou plusieurs milliers chez la truite.

Cerise sur le gâteau, pour mettre toutes les chances de leur côté, les ovules largués dans les courants marins par les oursins et les méduses produisent des substances attractives qui favorisent leur rencontre avec des spermatozoïdes.

Reproduction animale : Leçon N°7 : Garder ses distances - La Salamandre

© Photoshot / Mark Bowler / Biosphoto

Bas les pattes !

Malgré ses allures de petit dragon, le triton crêté (> ci-contre) agit tout en douceur. A la saison des amours, le mâle s’orne d’une impressionnante crête dentelée pour séduire les femelles, mais il ne les touchera jamais.

© Pierre Lobel / Biosphoto

Accusé de réception

Pour s’assurer que leur précieux spermatophore arrive à destination, certains mâles utilisent les grands moyens. Chez le scorpion, la femelle est saisie à bout de pinces et littéralement empalée sur le sac séminal. Quant au poulpe mâle (> ci-dessous à gauche), il a carrément développé
un tentacule en forme de cuillère spécialement conçu pour recueillir et apporter le spermatophore à sa partenaire.

© Kim Taylor /Naturepl.fr

Ejection en masse

Le saumon de l’Atlantique émet 190 milliards de spermatozoïdes à chaque éjaculat. Pour comparaison, ils ne sont que 20 à 200 millions chez l’homme.

Que peut-il arriver à un spermatophore, une capsule contenant des spermatozoïdes, laissé sans surveillance ?

A - Il peut remonter à la surface de l’eau et dériver avec les courants, ce qui favorise la dispersion de l’espèce.

B - Les spermatozoïdes qu’il contient en profitent pour chahuter et se dévorent entre eux.

C - Un concurrent peut l’écraser, le manger ou y superposer son propre spermatophore pour favoriser sa propre semence.

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C

Faut-il forcément être deux pour se reproduire ? Non, certains animaux s’en sortent très bien tout seuls. Voir Leçon N°8 : Se suffire à soi-même

Triton marbré, lobé, crêté, alpestre... apprenez à les distinguer sur la base de quelques critères expliquez ici.

Couverture de La Salamandre n°242

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 242
Octobre - Novembre 2017
Article N° complet

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