Médaille de bois

Chouette de Tengmalm dans sa loge. / © Christian Fosserat

La commune de Baulmes dans le canton de Vaud s'est vu décernée un prix pour sa gestion exemplaire des forêts. Une distinction qui ne fait pas l'unanimité. Explications de Pierre-Alain Ravussin, biologiste et ornithologue spécialiste des oiseaux forestiers, en juillet 2015.

Avatar de Alessandro Staehli
- Mis à jour le
Article d'origine par
La gestion forestière primée à Baulmes (VD) en 2015

Pierre-Alain Ravussin

Pierre-Alain Ravussin, la commune de Baulmes a reçu le Prix Binding 2015 pour la gestion exemplaire de ses forêts. Une bonne nouvelle ?

La sylviculture opérée dans les forêts communales favorise l’aspect économique au détriment de tous les autres. Dans les faits, on observe une élimination des vieux arbres et de ceux à cavités, voire des vieux peuplements dans leur ensemble, des coupes rases ou encore l’éradication du hêtre en faveur des résineux... Ce prix prestigieux récompense donc dans ce cas un mauvais élève.

Vous aviez pourtant tiré la sonnette d’alarme...

Oui, dès 2004 nous sommes intervenus pour signaler que la modification brutale de secteurs entiers de forêts est dramatique pour la biodiversité. Sans succès, puisque la municipalité n’a pas réagi craignant une perte de revenu.

Et voilà que le grand tétras a disparu. Comment vont les autres oiseaux forestiers ?

Malheureusement pas bien, avec un autre triste exemple : la chouette de Tengmalm. Cette espèce typique des vieilles futaies de montagne a subi une baisse de 90% de ses effectifs. Pourtant, dans les communes limitrophes françaises, une telle réduction n’a pas du tout été observée.

Comment proposez-vous d’utiliser le chèque

de 200’000 CHF reçu par la commune ? L’investissement des trois quarts de ce montant doit être décidé avec l’accord de la Fondation Binding. Nous demandons que la sylviculture respecte la biodiversité, à l’image de la futaie jardinée. Dans ce type de forêt exploitée durablement, feuillus et résineux de tout âge se côtoient naturellement. Oiseaux, mammifères, insectes et hommes y trouvent leur compte.

Couverture de La Salamandre n°229

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 229
Août - Septembre 2015
Article N° complet

Réagir