Des prés salés en altitude

De nombreuses plantes halophiles profitent du salage des routes en hiver pour s'installer ailleur qu'en bord de mer, leur habitat usuel. / © JUZA

En plaine jusque dans certaines vallées, des plantes des bords de mer apparaissent comme par miracle. Le mélange déversé par les saleuses leur profite.

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Le salage des routes, toxique voire fatal chaque hiver pour nombre d'oiseaux, de petits mammifères et d'amphibiens, induit l'apparition d'une flore inattendue le long de nos axes de grande circulation. En 2005, deux botanistes dénichent du plantain « corne de cerf » et du cranson du Danemark sur la berme centrale d'une autoroute de Suisse romande. Des spergulaires marines, des puccinellies distantes puis encore de la fétuque marine sont découvertes, toujours en bord d'autoroute. En Haute-Savoie, de telles observations se multiplient depuis quelques années.

Toutes ces plantes halophiles poussent normalement sur les côtes marines ou dans les prés salés de Scandinavie jusqu'au nord de l'Espagne. Au moins une dizaine d'espèces profiteraient du passage des saleuses. Nos véhicules, par les pneus, le châssis ou les bagages de toit ont fait le reste en important les graines depuis le nord ou le sud du continent. Ces plantes importées ne risquent pas de provoquer d'invasion massive. Très spécialisées, ces halophytes bouclent leur cycle avant l'été. Les graines dorment dans le sol jusqu'au printemps suivant, lorsque les machines auront déversé leur sel et transformé nos bermes d'autoroutes en prés salés.

Pour en savoir plus

Notre article sur les plantes folles de sel et la toxicité du salage des routes.

Couverture de La Salamandre n°212

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 212
Octobre - Novembre 2012
Article N° complet

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