Premiers flocons

Désirée à Noël, crainte en ville, attendue dans les stations, la neige cristallise tous les enjeux de notre hiver. / © Gilbert Hayoz

Avec la neige qui tombe, le trafic ralentit, s’arrête parfois même. Les flocons nous mettent en retard, mais ils nous offrent aussi du temps partagé.

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La première neige arrive et c’est l’imprévu, le non-maîtrisé, en un mot la nature qui surgit par surprise dans notre quotidien. Une bourrasque glacée, puis tout se calme comme par enchantement. Plus un souffle d’air : juste quelques flocons cotonneux qui zigzaguent légèrement. Blancs sur gris. Qui se posent en douceur, qui caressent arbres et herbes, qui festonnent les rameaux de pompons blancs. Qui à peine arrivés fondent déjà.
Caresse encore de la neige légère. Premier frisson. Toujours plus nombreux, les flocons qui ponctuent le sol, qui l’enveloppent d’un blanc duvet, qui étouffent tout bruit, toute odeur, toute couleur dans un froid velours tissé en moins d’une heure.

Ville paralysée

Venue trop tard, trop tôt, trop rare, trop abondante, la neige fera toujours des mécontents. - La Salamandre

Venue trop tard, trop tôt, trop rare, trop abondante, la neige fera toujours des mécontents. C’est un cadeau imprévisible qui échappe à notre volonté. / © Alain Germond

L’arrivée de la première neige est un événement qui parle à tous nos sens, qui donne envie de toucher, de glisser, de jouer. Les flocons nous rappellent délicieusement notre enfance. Ils peuvent aussi perturber la journée à venir. Les trolleys patinent, les voitures cahotent, les piétons s’accrochent. La cité des hommes est embellie, purifiée, mais aussi paralysée. Gyrophares, chasse-neiges, bus bondés, retards accumulés. Et volent les boules de neige…
Un conducteur pressé qui fulmine, un piéton qui rit de bonheur: chacun trouve une excuse pour être de toute façon en retard.

«Rougeur du matin promet la neige.» Lourtier (VS)

Le temps retrouvé

Qu’on aime la neige, qu’on la déteste, on ne peut rien contre elle. Pour une fois les éléments nous dictent leur loi et c’est une belle leçon. Mieux vaut lâcher prise, succomber à la magie du moment. Dans les cafés, le long des trottoirs, tout le monde parle. Des sourires fleurissent, inattendus.
Aucun doute, c’est aujourd’hui une journée particulière, une journée conviviale, une journée où, routes bloquées, les trains et les bus devraient être gratuits.

Couverture de La Salamandre n°165

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 165
Décembre 2004 - Janvier 2005
Article N° complet

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