Margot, la citadine

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La pie a de plus en plus tendance à se réfugier en ville, les explications de l'écologue François Chiron.

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En ville, la densité d’humains est plus forte qu’à la campagne. Pareil chez la pie ?

Oui, son organisation spatiale y est très différente qu’en milieu rural. Grâce à l’abondance de nourriture, les territoires sont nettement plus petits et également moins éloignés les uns des autres. Cette proximité se traduit par une défense territoriale plus marquée. Elle conduit aussi à plus d’interactions, de disputes et probablement d’infidélités. Les feintes pour tromper les congénères, au moment de cacher de la nourriture, s’observent également plus fréquemment. Cette proximité a aussi des avantages, comme la vigilance accrue face aux prédateurs.

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Son succès de reproduction est d’ailleurs meilleur en ville…

Le nombre d’œufs pondus est le même qu’à la campagne, mais le milieu urbain est plus sûr pour élever les poussins. La présence de l’homme et la forte urbanisation protègent les oiseaux des prédateurs, notamment des mustélidés. En ville, la pie a aussi tendance à pondre plus tôt dans la saison.

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Friande d’œufs et de poussins de pie, la corneille noire limite-t-elle ses chances de survie ?

Oui, le taux de prédation est plus élevé lorsque les nids de pie sont proches de ceux des corneilles. Cet oiseau connaît une forte expansion dans les villes françaises. Mais, pour le moment, les deux corvidés n’entrent pas en compétition directe pour les sites de nidification. Lorsqu’ils le peuvent, ils s’évitent.

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Faut-il s’attendre un jour à observer autant de pies que de pigeons en ville ?

Certainement pas. La pie n’a pas un comportement social aussi marqué que le pigeon biset, même si on assiste parfois à des regroupements dans les dortoirs hivernaux.

La suite de notre dossier sur la pie et son nid d'épineux secrets.

Couverture de La Salamandre n°243

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 243
Décembre 2017 - Janvier 2018
Article N° complet

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