Kitesurf et sirocco

Courageuses belles-dames au-dessus des vagues / © Sylvain Leparoux

Une horde de papillons traverse la grande Méditerranée et aborde la côte. Les légères belles-dames ont osé une régate aérienne directe.

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Printemps ! Une dépression centrée sur la Méditerranée aspire l’air saharien. De forts vents du sud poussent les particules de sable… et les belles-dames au-dessus des vagues bleues. Ce jour-là, les frêles voyageuses sont peut-être 100 millions à survoler les flots. Certaines accostent aux Baléares. Grâce au puissant sirocco, d’autres arrivent à quelques coups d’ailes de la côte languedocienne. Au petit matin, les dunes et les rochers accueillent les papillons épuisés qui tentent de pondre avant de flancher définitivement. Les plus vaillants atteignent la garrigue quelques kilomètres plus loin. Pas le temps d’aller bien au-delà. De toute façon, la météo semble pluvieuse plus au nord. Pontes, chenilles, nymphes… Le destin d’une nouvelle génération se joue ces tout prochains jours.

Compteur à paysage

Les insectes savent la distance qu’ils parcourent parce que leur cerveau la mesure. Les fourmis par exemple comptent leurs pas ! En vol, un papillon évalue la vitesse à laquelle le paysage défile sous lui. Il détermine le flux optique, c’est-à-dire le mouvement relatif des éléments qu’il voit et qui sont liés à son propre déplacement et à sa propre position au-dessus du sol.
Pour maintenir autant que possible constante la valeur de ce flux optique, l’insecte vole à hauteur et vitesse régulières. En cherchant un flux identique pour chaque œil, la bête avance de façon rectiligne. Si des rafales de vent font varier sa vitesse, le papillon compense en prenant de la hauteur quand le sens du vent est favorable… et si celui-ci le freine, à l’inverse il se rapproche du sol.

Couverture de La Salamandre n°222

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 222
Juin - Juillet 2014
Article N° complet

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