Piquera, piquera pas ?

Ortie vient du latin urtica, que certains font remonter au verbe urere, « brûler ». / © Gilbert Hayoz

Urticante et piquante, la rebelle l’est bel et bien. Toujours ? Non. Florilège des faits et des on-dit sur l'ortie.

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La surface de la feuille des orties est hérissée de seringues miniatures.

VRAI. A la loupe, on voit très bien cette impressionnante batterie de piques menaçantes. Chaque poil creux, transparent et aussi fragile que du verre, possède à sa base un renflement contenant un liquide toxique sous pression. Au moindre frottement, la pointe du dard se fiche dans l’épiderme et injecte une dose douloureuse. En revanche, les poils plus courts qui tapissent les feuilles de la plante sont inoffensifs.

Pour cueillir un brin d’ortie sans mal, il suffit de le prendre par en dessous dans le sens des poils.

VRAI. Procéder de cette manière permet d’éviter la plupart des piqûres de la grande ortie, mais pas celles de l’ortie brûlante. En cas de doute, gants recommandés !

... Il suffit d’attendre la pluie.

FAUX. Sous la pluie ou par forte chaleur, l’ortie brûle moins, mais pour désamorcer complètement ses piquants, il faut attendre 12 heures après la cueillette… ou tout simplement la cuire.

... Il suffit de retenir sa respiration.

MYSTÈRE. Face à la douleur, mieux vaut inspirer et expirer profondément. De nombreux témoignages attestent pourtant une certaine efficacité de cette pratique.

L’ortie brûle avec la même substance que les fourmis: l’acide formique.

FAUX. Le cocktail douloureux contient une série d’ingrédients parmi lesquels l’histamine, la sérotonine, l’acétylcholine et le formiate de sodium. C’est l’histamine qui, en provoquant rougeurs et démangeaisons, fait penser à une brûlure.

Certaines orties ne piquent pas !

FAUX. La grande ortie et l’ortie brûlante piquent. Les « fausses orties » qui ne piquent pas sont des plantes qui ressemblent à l’ortie. Ainsi l’ortie puante (épiaire des bois), l’ortie rouge (lamier pourpre) ou l’ortie jaune (lamier jaune) n’ont-elles d’orties que le nom. Leurs belles fleurs et leurs feuilles inoffensives révèlent leur vraie identité.

Certaines fausses orties poussent volontiers, pour plus de sécurité, dans une touffe de véritables orties. Parmi ces imposteurs, voici l’épiaire des bois, le lamier jaune et le lamier tacheté.

Sous nos latitudes, la piqûre des orties n’est pas dangereuse.

VRAI. A dose modérée, à part des cas allergiques exceptionnels, on ne risque pas grand-chose. Mais certaines orties tropicales provoquent pendant des semaines de fortes démangeaisons. Quant à la plante à feu d’Amérique du Sud (Lapatea gigas), son contact cause des œdèmes dangereux.

La piqûre des orties a des effets aphrodisiaques.

MYSTÈRE. Les Anciens recommandaient la flagellation aux orties comme remède à l’impuissance. Et on trouve dans la littérature de nombreuses recettes aphrodisiaques à base de graines d’ortie mélangées par exemple à du miel ou à du poivre. Avec le retour de l’ortie sur les marchés, des potions feront-elles leur apparition ?

Continuez avec une autre plante dardée d'épines, la ronce. Entrez dans une forteresse imprenable ici.

A quelques millimètres des dards inquiétants de l’ortie s’épanouit une floraison discrète et belle. Admirez les fleurs de l'ortie ici.

Retrouvez la totalité du dossier consacré à l’ortie : L’ortie, une vraie peste ?

Couverture de La Salamandre n°178

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 178
Février - Mars 2007
Article N° complet

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