Construisez un nichoir pour les abeilles sauvages

© David Melbeck

Le printemps est de retour et avec lui s’éveillent les précieuses abeilles sauvages. Et si vous leur fabriquiez un nichoir utile et rigolo ?

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« Regarde, les trous au bas de la vitre sont bouchés. » Camille qui vient de remarquer cette anomalie se précipite déjà vers la deuxième baie vitrée avec son frère Nathan. Rebelote. Les trous d’évacuation d’eau des fenêtres sont tous obstrués par un bouchon de terre. Le vandale est vite démasqué : une abeille sauvage solitaire.
La petite osmie rassemble du pollen dans le tunnel, y pond un œuf, rebouche avec un mortier de sa fabrication, puis recommence. Elle aménage ainsi un ou plusieurs nids. Ces abeilles au caractère pacifique travaillent activement pour toutes les plantes du voisinage. Car le succès de la pollinisation n’est pas uniquement lié à l’abeille mellifère, dite domestique. La majorité des fleurs dépendent d’autres pollinisateurs, en particulier de la grande variété d’espèces d’abeilles sauvages. Près d’un millier !
Oui mais voilà, dans les jardins modernes tirés à quatre épingles, plus moyen pour elles de trouver une tige creuse ou un petit trou dans un mur. Pourtant, offrir le gîte et le couvert à ces pollinisatrices, c’est la garantie d’un monde riche et vivant sur le pas de votre porte. Laissez donc un peu plus de place aux plantes spontanées, semez des fleurs et construisez un chouette hôtel à abeilles sauvages. C’est parti !

Matériel

  • Une planche en bois
  • Une scie, des clous, un marteau
  • Un mètre, une équerre, un crayon
  • Un sécateur
  • Des tiges creuses et des tiges à moelle
  • Une bûche de bois dur
  • Des rondins
  • Une perceuse et des forets de différents diamètres

Comment faire ?

© David Melbeck

Récupérez une longue planche de 13 cm de large. Découpez-la : deux fois 42 cm pour les côtés, 30 cm pour la base et 20 cm pour le toit.

© David Melbeck

La taille du fond varie en fonction de l’épaisseur des planches, car il doit recouvrir la tranche de chaque élément. Utilisez trois morceaux que vous assemblerez pour créer le fond et coupez en biseau les grands côtés pour obtenir un trapèze.

© David Melbeck

Assemblez les éléments : le toit cloué sur le dessus, la base clouée entre les côtés, puis adaptez le fond afin qu’il recouvre le tout.

© David Melbeck

A l’aide du sécateur, préparez des tiges creuses et des tiges à moelle. Elles ne doivent pas dépasser du cadre et leur diamètre varie de 3 à 15 mm. Il en faut beaucoup !

© David Melbeck

Percez horizontalement rondins et bûche avec des forets de tailles différentes (entre 4 et 12 mm) sans les transpercer de part en part.

© David Melbeck

Insérez les tiges dans le cadre en les serrant les unes contre les autres. Ajoutez la bûche et les rondins percés pour former les yeux, le nez ou le bec d’un personnage. Une chouette, par exemple. Installez votre gîte au soleil et à l’abri de la pluie. A chaque tige bouchée, c’est gagné ! Une abeille a pondu à l’intérieur.

Et encore…

© David Melbeck

N’hésitez pas à peindre l’extérieur de votre ruche (jamais l’intérieur) et à installer un toit surplombant, efficace contre la pluie. Apportez une touche d’originalité en ajoutant des pattes, des ailes, des oreilles. Bref, laissez libre cours à votre imagination quant à la taille et la forme du nichoir. Sachez enfin que 70 % des abeilles solitaires nichent dans le sol. Un petit talus de terre battue et quelques zones sableuses compléteront votre aménagement.

Règles d’or

  • Utilisez les tiges creuses de berce, de bambou, de roseau ou de paille. Coupez systématiquement l’une des extrémités juste après un nœud, car l’une des deux doit être bouchée. Si l’abeille aperçoit du jour au fond de la tige, elle n’y pondra pas. De même, chacune d’entre elles doit être bien calée. Les rameaux de sureau, buddleia, fusain, ronce, rosier et framboisier feront l’affaire pour les tiges à moelle.
  • Préférez du bois sec et dur pour la bûche à percer, comme le chêne, le hêtre, le châtaignier, le charme ou l’acacia. Pins et sapins sont à éviter, car ils gonflent à l’humidité.

Rubicoles, caulicoles et xylicoles… Qui s’y colle ?

En mélangeant tiges creuses, tiges à moelle et bûche percée, votre gîte combine tout pour plaire aux hyménoptères.

© Sophie Giriens

Une des abeilles sauvages les plus visibles est l’osmie cornue. L’espèce est dite xylicole, car elle utilise des galeries dans le bois pour faire son nid. C’est elle l’abeille des fenêtres qui bouche les trous d’évacuation, tout comme l’osmie rousse.

© Sophie Giriens

Les rubicoles préfèrent creuser leur loge dans une moelle tendre comme les tiges de sureau. La cératine bleutée, une petite abeille élancée aux reflets métalliques, choisit même d’y passer l’hiver. Il faut dire que son petit nid douillet est moelleux et plutôt bien isolé.

© Sophie Giriens

Les espèces caulicoles, comme l’anthidie à manique, aménagent leurs chambres larvaires dans les tiges creuses des plantes. Cette abeille cotonnière récolte des poils végétaux pour garnir son nid sur les plantes duveteuses, comme les immortelles ou les oreilles d’ours (stachys).

Apprenez-en plus sur les abeilles grâce à notre dossier complet : La révolution des abeilles.

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Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Chouette idée pour les abeilles"

Couverture de La Salamandre n°251

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 251
Avril - Mai 2019
Article N° complet

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