La mort au coin du champ

« Deux grillons juvéniles sous une pierre » / © Benoît Perrotin

L'été est la saison du carnage. L'écrasante majorité des jeunes grillons finit dévorée. Que deviennent les rares rescapés ?

Avatar de Julien Perrot
- Mis à jour le
Article d'origine par

En juillet, les grillons minuscules sont légion. Ils errent dans la campagne, se cachent sous des feuilles ou des cailloux, grandissent peu à peu en muant toutes les trois semaines. Mais la plupart de ces vaga­bonds sans défense finissent dévorés par des araignées ou par des fourmis.
A l'automne, on voit les rescapés de ce carnage silencieux se rapprocher des maisons, tenter de se réfugier à l'intérieur, s'introduire par erreur dans les caves ou les soupiraux.

La mort au coin du champ pour les grillons

A l'automne, le grillon recherche la chaleur et se rapprochent des maisons pour y trouver refuge. / © Benoît Perrotin

Les plus malins creusent un terrier ou en récupèrent un inoccupé sur un coteau ensoleillé. A partir de ce moment-là, enfin à l'abri, ils ne s'éloignent plus de leur trou dans lequel ils passent tout l'hiver.
En mars ou en avril, les grillons muent une dernière fois. Ils atteignent leur taille définitive et acquièrent des élytres complets qui permettront aux mâles de chanter. Toutefois, malgré leur statut d'insectes parfaits , pas question de voler. Car leurs ailes membraneuses ne sont que des moignons chiffonnés qui les condamnent pour toujours à la marche.
La boucle est bouclée. Le récital peut commencer. Il durera deux petits mois.

Couverture de La Salamandre n°216

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 216
Juin - Juillet 2013
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir