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La coccinelle en damier / © Gilbert Hayoz

Toutes les coccinelles ne sont pas rouges à points noirs. Plus d’une centaine d’espèces hautes en couleur mais pas toujours à points peuplent jardins, prairies et forêts.

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La plus populaire des coccinelles est rouge à sept points. C’est Coccinella septempunctata. Le nombre de points ne renseigne en rien sur l’âge de la bête. Née avec deux, cinq, sept, quatorze ou vingt-deux points suivant son espèce, une coccinelle garde le même assortiment jusqu’à sa mort.

Jaunes, noires, orange

Parmi les 3’000 coccinelles recensées de par le monde, plus d’une centaine vivent chez nous. On en connaît des orange, des jaunes, des noires avec des points rouges ou sans point du tout ! Quelques-unes ont même des robes variables d’un individu à l’autre ou alors une carapace velue et mate.

Souvent, le nombre de ces points a été intégré au nom savant de l’espèce. Cela permet, au passage, de se familiariser avec la numérotation latine : saluons ainsi Hippodamia tredecimpunctata, Anisosticta novemdecimpunctata, Adalia bipunctata ou encore Coccinula quatuordecimpustulata ! N’allez pas croire que toutes ces coccinelles fréquentent les jardins en dévorant des pucerons. Il y a les amatrices de cochenilles, les herbivores, les forestières qui pour certaines ne vivent qu’au sommet des arbres, sans parler des coccinelles des marais ou des landes...

Vives et toxiques

Hormis l’architecture de leurs antennes, de leurs palpes et de leurs pattes, la plupart des coccinelles partagent une caractéristique spectaculaire : leur couleur vive qui les rend très visibles.

En fait, ce curieux camouflage à l’envers qui semble conçu au mépris de toute prudence révèle une stratégie défensive originale. Pourquoi la salamandre ou la guêpe ont-elles des taches jaunes ? Pour mettre en garde les prédateurs. La guêpe pique, la salamandre dégage un mucus toxique. Il en va de même pour une grande partie des coccinelles, qui produisent des substances amères et vénéneuses.

D’ailleurs, des scientifiques un peu tordus ont ravitaillé exclusivement en coccinelles une nichée de mésanges bleues : aucun des malheureux poussins n’est arrivé à terme. Ces demi-baies rouges et noires, c’est du poison ! L’oiseau qui s’y sera laissé prendre une fois s’en souviendra : couleur vive égale pas bon ! Pour renforcer l’effet répulsif, une coccinelle malmenée peut même produire un jus jaune et nauséabond qui dégoûtera les plus affamés.

2, 4, 10, 14 ou 22 points, saurez-vous reconnaître ces coccinelles ? Petit inventaire en image:

© Gilbert Hayoz

La coccinelle à dix points adopte des livrées extrêmement variables allant du rouge à points noirs au noir à points rouges.

© Gilbert Hayoz

La spectaculaire coccinelle en damier est assez répandue dans les jardins, au bord des chemins et sur les talus herbeux.

© Gilbert Hayoz

La Calvia à 14 points est presque exclusivement arboricole, avec une préférence pour les frênes et les tilleuls.

© Gilbert Hayoz

La coccinelle à deux points adopte des costumes encore plus variables que sa cousine à dix points.

© Gilbert Hayoz

La coccinelle à quatre points prospère sur les résineux, qu’elle nettoie de leurs pucerons.

© Gilbert Hayoz

Végétarienne, la coccinelle à 22 points broute les champignons qui poussent à la surface des feuilles.

© Marc Tourette, Yves Le Monnier, Laëtitia Locteau

Près d'une centaine d'espèces de coccinelles fréquentent la Suisse et l'est de la France. Loupe en main, plongez-vous dans leur monde multicolore avec le Miniguide n°21 de La Salamandre : Identifier les coccinelles.

Retrouvez la totalité du dossier consacré aux coccinelles : Sur la piste des coccinelles.

Couverture de La Salamandre n°173

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 173
Avril - Mai 2006
N° complet

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