Mille et une pattes

Larve de hanneton commun / © Oleksiy Yakovlyev / Alamy

Ca grouille dans la mini-jungle des herbes folles. Coup de loupe sur quelques aliens rencontrés au ras des pâquerettes.

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Article d'origine par
  • Acteur: principal hanneton commun
  • Seconds: rôles millepattes et Cie
  • Sortie: 5 juin
  • Lieu de tournage: herbes folles
  • Genre: fantastique

Ver pas si blanc

Ce dévoreur de racines est une larve de hanneton commun. Elle grandit trois ans dans le sol. Après un stade nymphal de quelques semaines, l’insecte imago, c’est- à-dire adulte, s’envole au printemps de la 4e année. L’usage massif d’insecticides a fortement limité les populations de ce coléoptère ravageur.

  • Au jardin: Diffère de la larve de cétoine dorée, pollinisatrice utile au compost, par ses pattes plus longues et sa tête plus grosse.
Mille et une pattes - La Salamandre

© Michel Gunther / Biosphoto

Dos rond

Rien à voir avec un insecte dégoûtant… Ce cloporte est un crustacé! Equipé de sept paires de pattes et d’une armure dorsale, il se roule en boule pour se protéger des dangers.

  • Au jardin: Il trouve l’humidité vitale sous la litière, un tas de bois, des pierres ou des pots de fleurs.
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© Ger Bosma / Alamy

Croque-pucerons

Ce petit monstre bien connu des jardiniers est la bête à bon Dieu. Une fois adulte, la coccinelle à sept points protège les plates-bandes. Dans nos régions, on dé­nombre 120 variétés de cet amical insecte.

  • Au jardin: La larve de Coccinella septempunctata consomme quelque cent pucerons par jour.
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© Ger Bosma / Alamy

Regard de travers

Créature fantastique, la chenille du papillon Deilephila elpenor fait les gros yeux. Pour se protéger, ses ocelles forment un faux regard à l’avant de son corps enflé. On dirait presque un serpent. Malgré son nom, cette larve de grand sphinx de la vigne se nourrit d’épilobes, de gaillets et d’onagre.

  • Au jardin: Une nuit d’été sans lune, éclairer un drap blanc permet de découvrir l’incroyable monde des papillons nocturnes, vingt fois plus diversifiés que leurs cousins diurnes.
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© Simon Colmer / NaturePL

Régal des oiseaux

Les papillons de jour ont chacun leur chenille, soit 330 espèces en France et 200 en Suisse. Plus discrète que l’adulte ailé, cette larve vorace et phytophage est généralement peu appréciée... sauf des mésanges qui s’en délectent.

  • Au jardin: Orties, chardons et herbes folles sont des habitats idéals pour le développement des chenilles et des papillons.
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© Monique Berger / Biosphoto

Des petits trous...

Tout le monde a vécu la déception de la noisette percée et vidée. L’auteur du crime n’est pas un asticot de mouche, mais le balanin des noisettes. Ce coléo­ptère brun à long rostre pond son œuf dans le jeune fruit qui sert de garde-manger à la larve. Arrivé à maturité, le ver perce un orifice dans la coque et sort de la noisette.

  • Au jardin: Pour en limiter l’impact, les larves peuvent être exposées aux oiseaux et au gel en grattant la terre au pied des noisetiers, en automne et en hiver.
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© DiegoFotoLDI

Fake!

L’imitation est presque parfaite. Pourtant, cette fausse-chenille ne deviendra jamais papillon. Elle sera tenthrède, un hyménoptère cousin de la guêpe ou de l’abeille. Histoire d’ajouter à la confusion, cet insecte se nomme aussi mouche à scie.

  • Au jardin: Pour distinguer une chenille authentique des contrefaçons, il suffit de compter les paires de fausses pattes placées à l’arrière des 3 vraies. Entre 3 et 5 paires, c’est une chenille de papillon, au-delà de 6, c’est un pastiche.
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© John Jeffery

Presque mille

Cette créature aplatie n’est ni un insecte, ni un ver et encore moins une larve. C’est un myriapode, c’est-à-dire un millepattes du genre polydesme.

  • Au jardin: Même s’il croque parfois une plantule, laissez-le faire son job de détritivore au compost.
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© Joël Héras / biosphoto

Embuscade

Tout le monde connaît son nom, mais qui l’a déjà vu? La larve du fourmilion façonne un entonnoir de sable ou de poussière pour y piéger les fourmis. Ses redoutables mandibules digèrent et sucent le contenu de ses proies. Adulte, le fourmilion ressemble a une libellule.

  • Au jardin: Réservez-lui des espaces abrités de terre fine ou de sable qui serviront aussi pour le bain de poussière des oiseaux.
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© StellaPhotography / Alamy

Toujours la patate!

La larve de Leptinotarsa decemlineata tient le haut du podium parmi les cauchemars du jardinier. Mieux connu sous le nom de doryphore, ce coléoptère originaire du Mexique se régale des feuilles et des tiges des plants de patates ou de tomates.

  • Au jardin: Laisser des espaces 100 % naturels près du potager contribue au développement des carabes friands des larves du doryphore.
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© Life on White / Alamy

Et la lumière fut

Qu’on se le dise, le ver luisant n’est pas un ver, mais un coléoptère. Seul hic pour la femelle lampyre : elle est dépourvue d’ailes et conserve une apparence de larve toute sa vie. Pour attirer un mâle volant, madame Lampyris noctiluca produit chimiquement de la lumière froide pour faire briller son abdomen.

  • Au jardin Construire un muret végétalisé en guise de refuge idéal pour cet insecte lumineux.

Retrouvez l'intégralité du dossier "le jardin fait son cinéma".

Couverture de La Salamandre n°244

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 244
février - mars 2018
Article N° complet

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