Mille et une nuits au dortoir

© David Tipling Photo Library / Alamy

Les pies forment de grands rassemblements en villes, Rapjaël Bussière, ornithologue à la LPO, nous explique ce phénomène.

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Vous suivez les pies du campus universitaire de Poitiers depuis 2004. Comment évolue ce dortoir ?

Les effectifs varient plus ou moins fortement d’une année à l’autre. Par exemple, au cours de l’hiver 2007- 2008, le maximum était de 380 individus, contre plus de 800 pies en 2010-2011 et 550 en 2014-2015. L’évolution est en revanche comparable d’une année à l’autre : à partir d’octobre et jusqu’en janvier, les pies sont de plus en plus nombreuses. Dès février, avec la formation des couples et la construction des nids, le dortoir se vide progressivement.

Mille et une nuits au dortoir - La Salamandre

© Régis Cavignaux / Biosphoto

D’où viennent ces oiseaux ?

Un programme de marquage individuel ou un suivi par GPS permettrait de vous répondre. Au vu des effectifs comptabilisés, il est probable que ce dortoir réunit une bonne partie des pies de l’agglomération de Poitiers. Selon la littérature, les groupes nocturnes seraient composés essentiellement de jeunes agasses et de couples qui quittent leur territoire pour passer la nuit.

Mille et une nuits au dortoir - La Salamandre

© Raphaël Bussière

Pourquoi se réunissent-elles pour dormir ?

En groupe, la surveillance contre les prédateurs est nettement plus efficace et les chances de survie plus élevées. De plus, en ville, il fait moins froid qu’à la campagne et les oiseaux dépensent donc moins d’énergie. A ce propos, j’ai remarqué que les pies se concentrent majoritairement autour des lampadaires.

Mille et une nuits au dortoir - La Salamandre

© Dirk Hundertmark - www.foto100er.de

Comment cette abondance de pies est perçue par la population ?

Les passionnés d’oiseaux se régalent devant ce spectacle insolite. Comme le parking universitaire est vide pendant la nuit, personne ne se plaint des éventuelles salissures que les fientes de centaines de pies pourraient occasionner sur des véhicules.

Couverture de La Salamandre n°243

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 243
Décembre 2017 - Janvier 2018
Article N° complet

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