Longévité, règles du jeu

© Ambroise Héritier

Imaginaires ou bien réels, les participants au grand jeu de la vie ne partent pas tous avec les mêmes atouts en main face à la mort. Et vous, quelle pioche aurez-vous ?

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Installez-vous confortablement autour de la table, la partie va commencer… Puis laissez-vous guider tout au long d'une aventure qui vous emmènera dans un univers passionnant où réel et fantastique s'entremêleront. Votre mission : percer le secret de la vie éternelle. Au fil des pages, vous découvrirez les pouvoirs époustouflants des champions de la longévité qui ont inspiré leur alter ego légendaire. A moins que ce ne soit l'inverse. D'ailleurs qui de la créature imaginaire ou de l'être réel gagnerait si on les amenait à s'affronter dans ce jeu de rôle ? A vous de le dire. Mais avant de vous lancer, prenez le temps de lire ces quelques règles pour bien vous en sortir dans cette quête d'immortalité. Et que la chance vous accompagne.

Vieillissement ou sénescence ?

Vieillir, c'est l'effet du temps sur un être vivant, qu'il soit animal ou végétal. Les années qui passent affectent les uns sans paraître toucher les autres. Car tout le monde ne vieillit pas à la même vitesse, ni à partir du même âge, ni de la même façon. Les scientifiques préfèrent parler de sénescence : le processus de déclin des performances d'un individu au cours du temps qui conduit irréversiblement au décès. La défaillance de certains traits comportementaux, physiologiques ou physiques va affecter les probabilités de survie ou la capacité à se reproduire. Parfois les deux.

Records ou moyennes ?

Aussi surprenants et sensationnels qu'ils soient, les records d'individus isolés ne nous apprennent pas grand-chose sur une espèce, contrairement aux informations sur l'espérance de vie moyenne. Celles-ci sont par exemple davantage liées à la stratégie de reproduction. Une souris aura plus de petits, plus souvent qu'un éléphant, car son espérance de vie moyenne est plus courte.

Age ou longévité

On parle d'âge pour un individu en particulier et de longévité pour son espèce. La longévité potentielle correspond à la durée de vie maximale que pourrait atteindre un être s'il bénéficie de conditions idéales. Quant à la longévité moyenne, il s'agit de l'espérance de vie moyenne. Ainsi la longévité potentielle d'un chat est d'environ 20 ans. Le record de longévité de l'espèce revient à un félin de compagnie décédé à 38 ans. Mais la longévité moyenne d'un matou de gouttière, exposé aux maladies, au manque de nourriture et aux dangers extérieurs est de 3 ans.

Stratégies lentes ou rapides ?

Typiquement, les grands herbivores et les primates ont une longévité importante, mais ils se développent lentement et ont une longue gestation. La sélection naturelle les a fait évoluer vers des stratégies lentes. Inversement, les êtres vivants ayant évolué dans un environnement à forts risques de mortalité ont préféré des stratégies rapides. Ils auront aussi un début de sénescence précoce et une longévité plus courte. Il existe également d'importantes variations de longévité entre les populations d'une même espèce et entre individus d'une même population. Le facteur le plus différenciant au sein d'une population, c'est le sexe: chez les mammifères, les femelles vivent généralement plus longtemps que les mâles.

Comparable ou pas ?

Dans le règne animal comme dans le monde végétal, il faut toujours comparer ce qui est comparable. Ainsi le requin du Groenland a certes une espérance de vie moyenne de 400 ans largement supérieure à celle du hibou grand-duc qui atteint 20 ans, mais ce dernier fait pourtant partie des oiseaux vivant le plus longtemps. Attention à confronter les individus de même gabarit ou usant de stratégies biodémographiques équivalentes.

Mort naturelle ou précoce ?

La mort naturelle est provoquée par la vieillesse ou l'épuisement de toutes les capacités de maintien et de réparation. La mort précoce, elle, peut survenir à tout âge, en raison d'un accident, d'une maladie, du manque de nourriture ou à cause d'un prédateur. Cette distinction est un peu artificielle, car la mort par vieillesse seule est rare, même chez l'être humain. Dans la nature, les décès arrivent presque toujours plus vite que prévu. Et même si toutes les conditions sont réunies pour une vie idéale, la mort est inévitable.

Découvrez la suite de notre dossier sur les secrets de longévité.

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Le destin mêle les cartes et nous jouons"

Couverture de La Salamandre n°250

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 250
Février - Mars 2019
Article N° complet

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