L’oiseau géant entre en scène

© Hansruedi Weyrich

Lorsqu’il surgit, son ombre enveloppe la montagne. Portrait du gypaète barbu, un vautour d’exception.

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Ciel étoilé : Le plumage contrasté du gypaète adulte rend ce vautour unique. Le dos et les ailes affichent un gris ardoisé presque noir, constellé par des rachis ivoire des plumes.

Marque du nord : La sous-espèce habitant l’Afrique ne présente pas cette discrète tache noire sous l’emplacement du conduit auditif. Ce trait est un signe distinctif des gypaètes d’Eurasie.

œil du diable : L’anneau sclérotique rouge qui entoure l’iris jaune pâle peut se dilater en cas d’excitation. Accentué par un sourcil noir dressé, ce regard impressionnant a contribué à la mauvaise réputation de ce vautour.

Couteau de boucher : Le long bec du gypaète mesure 78 mm du front jusqu’à la pointe. De couleur corne, il présente une dent très acérée à l’extrémité de la mandibule supérieure.

Gengis Khan : De fortes vibrisses noires forment une barbiche emblématique à la mandibule inférieure. Cette moustache de 50 à 60 mm de long confère au gypaète un air du célèbre empereur mongol.

Soleil couchant : La couleur du cou, du ventre et des cuisses est généralement orangée. Certains oiseaux sont plutôt blancs.

Maxi piaf : Sur la balance, le gypaète affiche un poids de 4,8 à 7,1 kg, soit l’équivalent d’environ 30 pies bavardes !

Entre deux : Contrairement à celles du vautour fauve, les pattes préhensives du gypaète peuvent transporter de la nourriture. A l’inverse de celles de l’aigle, elle sont incapables de tue

Après-ski : Des tarses jusqu’aux doigts, les pattes sont densément recouvertes de plumes. Ce n’est pas le cas chez les spécimens africains, moins exposés au climat froid.

Par précaution : Afin de ne pas user inutilement les plumes de sa queue sur le sol, le gypaète se tient posé horizontalement. Ses rectrices sont au nombre de douze. Soit deux de moins que les autres vautours. Les centrales, remarquablement longues, atteignent 57 cm.

Quelle plume ! La plus longue des dix rémiges qui ornent la main de l’aile du gypaète atteint 70 cm, soit l’envergure complète d’un chocard à bec jaune.

Femme à barbe

L'anatomie du gypaète barbu, un vautour géant mangeur d'os

Gypaète barbu adulte / © Jose Antonio Sencianes Ortega

A l’exception d’un léger écart de poids au bénéfice de madame, rien ne différencie en apparence un mâle d’une femelle.

Vautour-aigle

Le mot vautour désigne des rapaces qui se ressemblent par leur anatomie de grands planeurs et leurs mœurs de charognards. Ce terme regroupe

  • les vautours du Nouveau Monde (cathartidés) que sont les immenses condors, les urubus des westerns et les sarcoramphes… rattachés à l’ordre des ciconiiformes comme les cigognes !
  • les vautours de l’Ancien Monde qui font partie des accipitridés avec les aigles, buses et busards. On distingue les aegypiinés, avec les vautours fauve et moine, des gypaetinés, dont le vautour percnoptère et le gypaète barbu sont les deux représentants en Europe. Étymologiquement, le gypaète est à la fois vautour – du grec gùps – et aigle – aetós.

La suite du dossier sur le gypaète barbu.

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Couverture de La Salamandre n°249

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 249
Décembre 2018 - Janvier 2019
Article N° complet

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