Lettre à Jean-Louis

Dans son édito de la Salamandre 211, Julien Perrot se souvient d'un grand-père qu'il n'a pas connu mais qui lui a transmis sa sensibilité pour la nature. Un grand-père qui a œuvré pour le retour du castor.

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Cher Grand-Papa,
Hélas, je ne t'ai pas connu, mais probablement m'as-tu transmis d'une manière ou d'une autre un peu de ton amour pour la nature.
Il y a 45 ans, avec Robert Hainard, Maurice Blanchet et quelques autres copains, tu as voulu croire au retour du castor. Il fallait que le coupeur d'arbres retrouve l'Aubonne, l'Allondon ou la Venoge! Alors, tu as improvisé avec eux le premier projet de réintroduction de cet animal en Europe occidentale. A l'époque, on vous a pris pour des fous, mais vous étiez simplement en avance sur votre temps.
Le castor a prospéré. Et il lui arrive de provoquer des dégâts. Mais ce rongeur, tu le sais bien, ne s'éloigne jamais de l'eau. Le vrai problème que révèlent ses terriers et coups de dents indésirables, c'est le manque d'espace pour les rivières dans notre pays. Pourtant, au lieu d'accélérer l'application de l'ordonnance sur la protection des eaux précisément prévue pour y remédier, le Parlement vient d'inscrire le castor, protégé, sur la liste des animaux qu'il sera désormais possible d'abattre. Lamentable!
Chaque fois que je vois ses traces, je pense à toi. A travers le castor et les rivières, le combat pour la vie ne fait malheureusement que commencer.
Je t'embrasse fort.

Couverture de La Salamandre n°211

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 211
Août - Septembre 2012
Article N° complet

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