Les cousines de la cistude

Au fond de la mare, c’est plein de vase. Alors, à force de circuler sous l’eau, la cistude finit par ressembler à un gros caillou tout brun. Voilà pourquoi on l’appelle souvent tortue boueuse ou bourbeuse ou même fangearde. / © Hellio - Van Ingen

Dans le monde des tortues, aux côtés de la cistude, il y en a des célèbres et des moins connues. Toutes ont une particularité qu'il vaut la peine de découvrir.

Avatar de Julien Perrot
- Mis à jour le
Article d'origine par

L’hyper-menacée

La cistude n’est pas tout à fait la seule tortue aquatique d’Europe. Très jolie malgré son nom peu engageant, l’émyde lépreuse peuple la péninsule Ibérique et occupait autrefois tout le Languedoc-Roussillon. En France, il n’en subsisterait plus que trois populations isolées comptant à peine quelques dizaines d’individus : le reptile le plus menacé du pays ! Cette tortue méditerranéenne vit dans des rivières souvent temporaires au contraire de la cistude qui préfère les eaux stagnantes.

Emyde lépreuse / © Benoît Perrotin

La terrestre

Contrairement à la cistude aplatie pour cause d’hydrodynamisme, la tortue d’Hermann possède une carapace hémisphérique. En Suisse, il fait trop froid pour cette cousine de la tortue grecque. En revanche, cette espèce terrestre se trouvait assez facilement en France il y a 100 ans dans les maquis, les forêts claires et les pâturages de tout le littoral méditerranéen. L’urbanisation et la multiplication des feux de forêt l’ont considérablement raréfiée. Actuellement, elle ne subsiste plus que dans le Var, essentiellement dans la plaine des Maures.

Tortue d'Hermann / © Benoît Perrotin

La géante

La tortue luth est la géante des tortues contemporaines avec un poids moyen d’une demi-tonne pour presque deux mètres de long. Dans l’Atlantique, cette espèce marine se reproduit principalement en Guyane et sur les côtes du Gabon. Les adultes font de grands voyages qui les mènent parfois via le Gulf Stream jusqu’aux côtes de Gironde ou de Charente-Maritime. Chez cette tortue hors normes, la carapace se réduit à de petits osselets qui forment des carènes sur le dos. La tortue luth se nourrit essentiellement de méduses. Hélas, l’ingestion de déchets flottants en plastique est devenue sa principale cause de mortalité.

Tortue luth / © Benoît Perrotin

La vénérable

C’est une tortue géante des Seychelles qui détient le record actuel de longévité du règne animal. Figure tutélaire de l’îlot Bird Island, la géante Esmeralda serait née en 1771 et aurait à ce jour 245 ans… pour 363 kilos. Quant au plus vieux spécimen européen, c’est aussi une tortue des Seychelles arrivée à Paris au Jardin des Plantes en 1923. Kiki est mort en 2009 à l’âge présumé de 146 ans. Prendre son temps fait durer la vie.

Tortue géante des Seychelles / © Benoît Perrotin

L’exotique

Originaire de la Côte Est des Etats-Unis, la tortue de Floride ou tortue à tempes rouges a fait l’objet d’un commerce à large échelle heureusement aujourd’hui sévèrement réglementé. Mais le mal est fait. Pendant 20 ans, des bébés tortues exotiques ont été importés en Europe en quantité industrielle pour y être vendus en animalerie. Quatre millions seulement pour la France entre 1985 et 1997 ! Le jour où toutes ces bestioles sont devenues trop grandes pour l’aquarium familial, beaucoup d’entre elles ont été lâchées dans la nature où elles se reproduisent désormais. Hélas, la Floride est vorace et dévastatrice pour la faune locale. Et surtout, elle concurrence la cistude d’une manière qui tourne au désavantage de l’espèce indigène qui avait déjà bien assez d’autres soucis.

Tortue de Floride ou tortue à tempes rouges / © Benoît Perrotin

La touriste

Jolie espèce marine, la tortue caouanne parvient encore à se reproduire en Méditerranée en Grèce, à Chypre et en Turquie. Mais elle fréquentait aussi autrefois les plages de la Corse et de la Côte d’Azur. Pour preuve, une ponte découverte à Saint-Tropez en 2006 et deux autres près de Porto-Vecchio en 2002. Reviendra-t-elle un jour ?

Tortue Caouanne / © Benoît Perrotin

Sept tortues à l'échelle

Couverture de La Salamandre n°235

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 235
août - septembre 2016
Article N° complet

Articles sur le même sujet

Réagir