Leçon de style

Héron cendré / © Jean Chevallier

Prenez la peine d’observer le héron ! Et appréciez le costume impeccable et la théâtralité du personnage.

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Redingote

Comme un maître de cérémonie, le héron porte un ample costume gris bleu rehaussé de noir au niveau des épaules. Son plastron blanc est cravaté de chevrons noirs. Mâles et femelles ne se distinguent que par la taille, légèrement plus petite chez ces dernières.

Les jeunes ont dans leur seconde année un plumage nettement moins contrasté que celui de leurs aînés. Ils sont d’un gris terne de la pointe du bec jusqu’au bout de la queue, et les stries de leur cou sont moins marquées.

Leçon de style avec le héron dessin huppe

Héron cendré, huppe dressée / © Jean Chevallier

Panache

Excitation, colère ou besoin de domination ? En se dressant, la huppe du héron traduit ses états d’âme, en particulier au moment de la reproduction. Le mâle et la femelle en sont tous les deux pourvus.

Collerette

Quand il s’ébroue ou se hérisse, le héron arbore une élégante collerette. Cela tient à la nature des plumes de son poitrail, lâches et effilées.

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Patte de héron cendré / © Jean Chevallier

Belle jambe

35 centimètres d’eau : c’est la profondeur maximale dans laquelle le héron s’aventure. Plutôt que de se risquer au delà, il regagne prudemment le confort des berges. Grâce à ses longs doigts, l’échassier peut marcher en terrain mou et se percher dans les arbres.

Héron cendré, cigogne et grue cendrée en vol / © Jean Chevallier

Col de cygne

Qui a dit que le héron était raide ? En position normale, son cou est replié en forme de S. Il doit fournir un effort considérable pour le tendre complètement. Mais si l’oiseau manque de souplesse, il n’y est pour rien ! En fait, la structure même de sa colonne vertébrale l’empêche de plier son cou à gauche ou à droite : il ne peut le mouvoir que vers l’avant ou l’arrière. Cette mécanique est peut-être limitante, mais s’avère extrêmement efficace quand il veut projeter son bec en avant et harponner une proie !

Effet de manche

Les ailes du héron peuvent atteindre 1,7 mètre d’envergure. En vol, il les maintient arquées et les soulève très lentement, ce qui - avec le cou replié (1) - lui donne une allure nonchalante. Il lui arrive toutefois de voler cou tendu (2), comme la cigogne (4) et la grue cendrée (3).

Avec le Miniguide n°31 de La Salamandre, différenciez les oiseaux à longues pattes.

Héron en vol, cou replié (1), cou tendu (2). Grue cendrée (3) et cigogne (4) / © Jean Chevallier

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Héron cendré / © Jean Chevallier

Binocles

Le regard fixe du héron vous fait froid dans le dos ? Avec son grand iris jaune, son œil a quelque chose de celui du serpent. Quoi qu’il en soit, notre échassier jouit d’une excellente vue de face et de côté. Il est aussi capable d’exorbiter ses yeux, ce qui lui offre une vision binoculaire frontale. Autrement dit, comme ses yeux sont situés très près du bec, le héron louche sans effort. Loin d’être une tare, cette aptitude est un atout pour la pêche !

Héron cendré / © Jean Chevallier

Lorgnette

Saviez-vous que le héron est équipé d’un viseur de chasse ? Situé devant les yeux, un léger renfoncement appelé lore l’aide en effet à ajuster ses victimes.

Contrairement à celui de la mésange ou du courlis, le viseur du héron est légèrement désaxé par rapport à l’extrémité du bec. Quand l’oiseau regarde un poisson, ce petit décalage l’aide à corriger l’erreur visuelle provoquée par la réfraction entre l’air et l’eau : le héron frappera toujours sa proie un peu plus bas qu’elle n’apparaît.

Il sait planer

L’atterrissage du héron est tout un art. Détails de la manœuvre. Il plane lentement en descendant, puis redresse le cou, sort les pattes et se pose en quelques enjambées. Au décollage, les trois étapes s’inversent. Parfois, il lui arrive aussi d’adopter la chute en spirale.

Atterrissage du héron cendré / © Jean Chevallier

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Héron cendré, ailes écartées à la façon d'un cormoran / © Jean Chevallier

Le bronzeur

Le héron ne se mouille jamais plus que de raison. En revanche, il prend des bains de soleil prolongés. On le voit passer de longs moments au bord de l’eau ou perché sur un arbre, ailes écartées à la façon du cormoran. Bref, quoique tout gris, il bronze.

Coup de gueule

Intolérant, le héron ? Lorsqu’il souhaite faire déguerpir un congénère ou un autre échassier, il vole dans sa direction, bec tendu, ou se dresse de toute sa hauteur pour l’intimider.

Héron cendré / © Jean Chevallier

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Héron cendré / © Jean Chevallier

Coup de peigne

Dans les endroits impossibles à lisser, comme la tête et le haut du cou, le héron obtient le même résultat en se peignant avec un ongle spécial, dit « pectiné ».

Leçon de style avec le héron dessin

Héron cendré faisant sa toilette / © Jean Chevallier

Nuage de poudre

Le héron n’aime pas la baignade, mais s’offre de longues séances de toilette ! Son savon ? Une sorte de talc bleuâtre produit par des plaques de duvet très serré situées sur ses flancs et sa poitrine. Ce duvet pousse et se désagrège continuellement en saupoudrant le plumage de fines pellicules grasses. A l’aide de son bec, l’oiseau lisse et enduit ses plumes avec cet imperméabilisant. Il se débarrasse par la même occasion d’impuretés comme le mucus de poisson qui a souillé sa redingote.

Leçon de style avec le héron dessin

Héron cendré au repos / © Jean Chevallier

La pose

Au repos, l’oiseau se tient sur une patte, la tête engoncée dans les plumes. Il ne dort pourtant jamais que d’un œil…

L’envol

Très méfiant, le héron s’envole silencieusement à la moindre inquiétude. Par contre, lorsqu’il est surpris, il décampe en exprimant son mécontentement par des khreeiik khreeiik puissants.

Héron cendré / © Jean Chevallier

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Couverture de La Salamandre n°184

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 184
Février - Mars 2008
Article N° complet

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