Choisir de partir

Le vespertilion (ou sérotine) vit dans les régions froides et en altitude. / © Jean Chevallier

En conquérant des régions où les hivers sont longs, les chauves-souris, comme les oiseaux, ont dû apprendre à migrer pour survivre. Les sérotines font partie de ces voyageurs.

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Fin septembre, sur une crête des Préalpes au-dessus de Bex (Vaud). Dans l'aube brumeuse, deux petites boules de poils se dissimulent derrière le volet d'une bâtisse isolée. Ce sont deux vespertilions (ou sérotines) bicolores qui s'endorment pour la journée. Au début du mois, ils étaient encore en Pologne.

Que font ces jolies chauves-souris poivre et sel si loin de chez elles ? Ce sont des migratrices en escale. Des ailes fines confèrent à leur corps robuste une envergure adaptée au vol au long cours et à la chasse en plein ciel. C'est qu'il en faut de l'énergie pour traverser ces longues distances. Celles que l'on appelait autrefois sérotines bicolores visent assurément le sud-ouest. Grâce au champ magnétique terrestre et probablement à un repérage visuel des grands éléments du paysage, ces voyageuses ont traversé l'Allemagne puis le Plateau suisse sans difficulté. Franchiront-elles les Alpes pour gagner la France ? Nul ne le sait car les dangers de la migration sont nombreux. Pour compenser une mortalité certainement importante, les espèces migratrices font souvent des jumeaux, voire des triplés.

Cette nuit, les deux vespertilions ont parcouru plus de 90 kilomètres. Mais une étape record de 180 kilomètres a déjà été enregistrée chez l'un de leurs congénères. En avril prochain, si tout va bien, nos deux héros feront le chemin inverse pour regagner leur gîte de mise bas dans la région de Cracovie.

Casanières et globe-trotteuses

Comme les oiseaux, les chauves-souris peuvent être sédentaires, migratrices partielles ou voyageuses au long cours.

La migration des sérotines

Murin de Bechstein

Oreillards, rhinolophes, murin de Bechstein et pipistrelle commune sont sédentaires. Leur seul voyage ? Trouver un site d'hibernation au plus près de leur gîte de reproduction.

La migration des sérotines

Murin des marais / © Dietmar Nill / NPL

 Si les zones humides qui accueillent les nurseries du murin des marais sont riches en cavités souterraines, cette espèce est sédentaire. Sinon, elle peut parcourir 300 km pour trouver une grotte favorable à l'hibernation.

Couverture de La Salamandre n°230

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 230
Octobre - Novembre 2015
Article N° complet

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