La biodiversité en Suisse

Croiser le lynx sur son chemin, c'est aujourd'hui à nouveau possible en France comme en Suisse. / © Dominique Michelat

Où en est la biodiversité en Suisse? Le point avec Bertrand de Montmollin, président du Comité suisse de l'UICN et expert pour les listes rouges.

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La biodiversité mondiale est en danger. Qu’en est-il en Suisse ?

Elle l’est aussi, hélas. Même si ce n’est pas forcément visible pour le non-spécialiste. Les marais ont régressé de 85% depuis le début du XXe siècle et certaines espèces n’existent plus qu’en quelques exemplaires comme l’apron, le « Roi du Doubs ». De ce poisson, il ne subsiste plus qu’une quarantaine d’individus sauvages en Suisse.

Trente ans de Sommets et de directives pour stopper « l’érosion de la biodiversité ». Une véritable prise de conscience ?

C’est évidemment réjouissant, mais les objectifs internationaux sont peu ambitieux et rarement atteints. La prise de conscience sur la biodiversité reste faible. Il est évidemment positif de constater le retour naturel ou assisté de certaines espèces. C’est en partie grâce aux associations de protection de la nature et aux mesures réglementaires. Mais il s’agit de quelques espèces, souvent emblématiques, dont la présence n’indique pas systématiquement la bonne santé des écosystèmes.

Les Listes rouges évaluent la menace qui pèse sur les espèces. Parlez-nous des Listes bleues qui existent en Suisse.

On en trouve aussi en Allemagne, aux USA et au Canada. Il s'agit de listes qui présentent les espèces dont les effectifs croissent ou qui sont réintroduites avec succès. C'est un bon outil de communication pour montrer le succès des actions de conservation. Valoriser les bonnes nouvelles, quand c'est possible, est essentiel pour lutter contre le fatalisme et la démotivation.

Votre souhait pour ces 30 prochaines années ?

Que le Plan d'action de la toute récente Stratégie Biodiversité Suisse puisse être concrètement mis en œuvre et que les conditions-cadres et les moyens financiers nécessaires à l'atteinte des objectifs de cette stratégie soient disponibles.

Bertrand de Montmollin

Préside depuis cinq ans le Comité suisse de l'UICN et coordonne les programmes de conservation de la flore dans le bassin méditerranéen. Expert de l'Office fédéral de l'environnement pour les Listes rouges.

Pour en savoir plus

Couverture de La Salamandre n°218

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 218
Octobre - Novembre 2013
Article N° complet

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