Le Jorat rêve d’un parc naturel

Des balades d'observation et de découverte du patrimoine sont organisées en forêt par les «brigands du Jorat». / © Maxime Rebord

Au nord de Lausanne, la forêt du Jorat aspire à devenir un parc naturel. Un bon moyen de protéger et valoriser sa richesse parfois sous-estimée.

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Havre de paix à deux pas de la ville de Lausanne, la forêt du Jorat s’étale sur 4000 hectares. Hêtres, sapins et épicéas s’étendent à perte de vue entre Epalinges, Peney-le-Jorat, Servion et Cugy. Ces arbres forment le plus grand massif forestier d’un seul tenant du Plateau suisse. Au total, treize communes vaudoises se partagent ce joyau vert qui accueille chaque année environ 1,5 million de visiteurs.
L’association Jorat, une terre à vivre au quotidien veut valoriser et protéger ce lieu en y créant une réserve naturelle d’importance nationale. Encore au stade de projet, la création d’un parc naturel périurbain, soutenue par l’Etat de Vaud, devra être validée par les habitants des communes concernées via une votation en 2019.

Pour l’heure, les contours du parc s’esquissent. Au centre, dans une zone de 440 hectares, la forêt pourrait évoluer sans intervention humaine. Ce cœur intact pour la faune et la flore resterait toutefois ouvert aux visiteurs. « L’accès se fera exclusivement par les chemins et les chiens devront être tenus en laisse dans cette zone qui représente environ 10 % du massif forestier, explique Maxime Rebord, responsable des animations pour le futur parc. Tout autour, la zone de transition hébergera les projets du parc : accueil du public, exploitation sylvicole et valorisation du patrimoine. »

Les parcs naturels suisses sont des territoires modèles en termes de gestion.

musaraigne aquatique / © Derek Middleton / Biosphoto

Véritable château d’eau, la forêt du Jorat est l’origine de plusieurs rivières comme le Flon ou le Talent, et abrite différents petits plans d’eau. Sources de vie, ces biotopes renferment de vrais trésors pour la biodiversité. « Nous y avons découvert la musaraigne aquatique et la musaraigne pygmée, deux espèces aux exigences écologiques très particulières », se réjouit Daniel Cherix, président de la Commission scientifique et technique du projet de parc. Plus largement, le Jorat abrite 32 espèces de mammifères. Bien lotis également, les amphibiens apprécient particulièrement l’étang de Vuargnes, un site d’importance nationale. On estime que 20 000 batraciens vivent dans la zone forestière qui l’entoure.

Côté oiseaux, « les ornithologues signalent la présence du dernier territoire de la région lausannoise pour le pouillot siffleur. Une espèce qui a pratiquement disparu du Plateau suisse au cours des 20 dernières années », poursuit Daniel Cherix. Dans la forêt du Jorat, 65 à 70 espèces d’oiseaux nicheurs ont été recensées. « Les parcs naturels suisses sont des territoires modèles en termes de gestion, ajoute Maxime Rebord. Ils permettent de mettre en valeur les régions en leur apportant une meilleure visibilité. J’ai hâte de faire rayonner ce magnifique site, notamment avec des activités touristiques proches de la nature. »

PLus d'informations sur le Jorat sur jorat.org/activites.

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Couverture de La Salamandre n°243

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 243
Décembre 2017 - Janvier 2018
Article N° complet

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