Quand la flamme passe

Dangereux et incontrôlable, le feu est actuellement le seul phénomène qui compense la fermeture des milieux naturels liée à l’exode rural. / © Bertknot

Les incendies sont-ils un drame pour la nature ? Le passage des flammes peut-il être bénéfique ? L'opinion de François Grimal, spécialiste en la matière.

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Quand la flamme passe, les incendies sont-ils un drame pour la nature ? - La Salamandre

François Grimal. Spécialiste des milieux méditerranéens et des suivis post-incendies à la LPO France et PACA.

François Grimal, les incendies ont encore sévi cet été en Provence. Est-ce un drame pour la nature ?

C’est une perturbation importante, mais on ne peut pas parler de drame : la nature méditerranéenne est globalement bien adaptée au feu. Les dégâts irréversibles sont plutôt rares, mais une récurrence trop élevée au même endroit peut mettre à mal les écosystèmes.

Quels animaux ou plantes ont le plus à craindre du feu ?

Les pins sylvestres et laricios, qui poussent en altitude, ont une mauvaise résilience aux flammes. Pour la faune, peu d’espèces disparaissent à cause du feu et les cortèges se reconstituent assez vite.

Exceptions notables, la tortue d’Hermann et la sittelle corse par ailleurs rares et menacées.

© Ambroise Héritier

Y a-t-il davantage d’incendies que par le passé ?

Non, les surfaces brûlées diminuent en France après une forte hausse liée à la colonisation des pinèdes et à l’urbanisation dans les années 1970. On est passé de 350 000 ha brûlés entre 1973 et 1983 à 150 000 ha entre 2003 et 2013.

Finalement, le passage des flammes dans la nature peut-il être parfois bénéfique ?

Dangereux et incontrôlable, le feu est actuellement le seul phénomène qui compense la fermeture des milieux naturels liée à l’exode rural. Il maintient des habitats pour une faune et une flore spécifiques comme l’aigle de Bonelli, le lézard ocellé, les fauvettes, les hélianthèmes ou les ophrys. Cela amène à de sérieuses questions de gestion, auxquelles il n’existe aucune réponse facile.

Avis de recherche pour le coléoptère pique-prune à Fribourg. Interview de Vincent Trunz.

Couverture de La Salamandre n°242

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 242
Octobre - Novembre 2017
Article N° complet

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