Il lutte pour préserver les zones de nidification du martinet

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La rénovation de vieilles bâtisses menace le martinet qui ne trouve plus assez de cavités pour nicher en été. A Sion, un ornithologue sensibilise le public à sa préservation.

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Un Monsieur Martinez féru de martinets noirs : clin d’œil du destin ? Enfant, Juan Manuel Martinez observait le ballet sonore livré chaque soir d’été par ces oiseaux dans la cour de son immeuble, au sud-est de l’Espagne. « Je ne savais pas ce que signifiait le manège de ces migrateurs venus d’Afrique, mais j’étais fasciné par leur rapidité, leurs cris… »

Aujourd’hui, le pédiatre mordu d’ornithologie sait qu’il s’agit de rondes assurées par de jeunes individus, à grand renfort de cris, pour défendre le territoire de la colonie. Cela pendant que les reproducteurs nourrissent leurs petits, lovés sous les toits ou dans les fissures des murs. Au fil des siècles, ces nicheurs rupestres ont troqué les falaises naturelles contre les confortables cavités offertes par les constructions humaines.

© Anja Martinez

« Le martinet est devenu si dépendant de nos édifices traditionnels qu’il n’a pas su s’adapter aux rénovations et à l’architecture moderne qui ne laissent plus aucune brèche où installer son nid. Si bien qu’à l’heure actuelle, l’espèce est menacée », déplore Juan Manuel Martinez.

Sensibiliser les professionnels du bâtiment

Face au déclin de cet oiseau prodigieux, capable de passer dix mois sans jamais se poser, le Valaisan d’adoption a décidé d’agir. Avec l’aide de l’association Le Rougegorge, il a lancé en 2018 un projet de conservation dans la ville de Sion. « L’objectif est de sensibiliser la population, mais surtout les professionnels de la construction et les propriétaires, à l’importance de préserver suffisamment de cavités. Il est possible d’intégrer aux façades des loges qui ne nuisent ni à l’étanchéité ni à l’isolation, ou de poser des nichoirs. »

Le martinet n’a pas su s’adapter aux rénovations et à l’architecture moderne.

© Thierry Génin

La première étape a consisté à recenser les colonies encore existantes. Résultat : 86 couples dans 40 sites répartis majoritairement dans le centre historique. Puis, l’ornithologue a convaincu les autorités communales d’informer les propriétaires de la présence de nids pour qu’ils les préservent : « Peu de privés ont réagi, mais des institutions publiques s’investissent. »

Fournir des nichoirs

C’est le cas du cycle d’orientation Les Collines. Les élèves ont fabriqué 15 nichoirs, sous l’impulsion de leur professeur de travaux manuels Thierry Genin. « Nous les avons installés l’an dernier sur notre toit. Mais, bien qu’attirés, les martinets n’ont pas pu les investir, car ils étaient gênés par une bordure. Ce printemps, ils ont été surélevés de 40 cm et nous croisons les doigts », se réjouit-il. D’autres projets sont en préparation. Quant à Juan Manuel Martinez, il poursuit inlassablement son travail de sensibilisation avec en ligne de mire la première journée mondiale du martinet, le 7 juin. L’occasion de mettre en lumière son oiseau fétiche.

© Thierry Génin

Découvrez les actions en faveur du martinet de l'association le rougegorge.

Et si vous participiezà la journée mondiale du martinet ?

En vidéo les nichoirs à martinet installé chez notre rédacteurAlessandro Staehli

Article initialement publié dans la revue Salamandre sous le titre "Construire l’avenir du martinet noir"

Couverture de La Salamandre n°252

Cet article est extrait de la Salamandre
n° 252
Juin - Jullet 2019
Article N° complet

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