L’autoroute de l’impasse

Mascotte des champs cultivés alsaciens, le hamster doré est menacé par la toute-puissante automobile. / © Sylvain Cordier / Biosphoto

Le hamster, le crapaud et les Alsaciens en colère résisteront-ils à la toute-puissante automobile ? Un collectif motivé y croit dur comme vert.

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Encore un lieu de lutte entre la frénésie du béton et une campagne toujours plus grignotée. Cette fois ça se passe dans le Bas-Rhin, au pays du hamster. Le Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO) est un projet vieux de 40 ans qui a repris de la vigueur depuis fin 2013. En contournant la capitale alsacienne par l’ouest pour soi-disant la désengorger, cette autoroute de 24 kilomètres déchirerait un espace rural, le Kochersberg, et détruirait des terres agricoles parmi les plus fertiles d’Europe. Dix hectares de forêts, un espace naturel exceptionnel et un total de 24 communes seraient directement touchés par ce projet.

« Le collectif GCO non merci a été créé en 2003 et réunit les opposants historiques au projet constitués d’agriculteurs, d’élus, de citoyens et d’associations », indique Marcel Kuhn, retraité membre du groupe de pilotage du mouvement contestataire.

Pour le grand hamster, cela pourrait être le coup de grâce.

Selon ce militant qui ne croit pas à la diminution de la circulation dans Strasbourg, «le projet ne sera qu’un axe international de plus pour des automobilistes de passage ». Pour libérer la ville de l’asphyxie, il faudrait selon lui améliorer les transports collectifs et le covoiturage, ainsi que développer les liens entre la marche, le vélo, le tram, le bus, le TER et éventuellement la voiture.

Le collectif GCO non merci mobilise avec énergie. Dernier évènement festif en date, La révolte des arbres a réuni 2500 personnes pendant deux jours fin avril dernier. Un espoir pour les militants qui croient encore que le constructeur, le groupe Vinci, n’aura pas le dernier mot sur l’avenir de la campagne alsacienne. Au-delà des armes pacifiques que sont les spectacles, les fêtes et les manifestations populaires, le collectif monte de nombreuses actions en justice.

L’autoroute de l’impasse - La Salamandre

La mascotte de GCO non merci / © GCO non merci

Cette mobilisation est vitale pour la nature qui se retrouve une fois encore en première ligne face au tout automobile. Persuadés que le chantier se fera, certains propriétaires coupent déjà leurs parcelles de bois en risquant de détruire des espèces protégées sans dérogation.

Le grand hamster, symbole nature de l’Alsace avec la cigogne, pourrait recevoir le coup de grâce. Menacé d’extinction, il n’est présent que dans cette région de France. L’UE exige un effort dans la préservation de l’animal et pourrait punir financièrement son Etat membre en cas de manquement. Parmi les autres espèces emblématiques, deux amphibiens rarissimes sont directement concernés : le crapaud vert et le pélobate brun.

Les manifestants anti-autoroute / © GCO Non Merci

«Nous nous battrons jusqu’au bout pour la bonne cause et nous attendons avec impatience la position de la justice sur les nombreux recours engagés par l’association partenaire Alsace Nature. Il n’est jamais trop tard pour lutter !» lance Marcel Kuhn, plus déterminé que jamais

Soutien et infos sur gcononmerci.org

En 2011, La Salamandre faisait la lumière sur un plan de sauvetage ambitieux pour le hamster doré.

En Valais, on conserve traditions et flore menacée en cultivant du seigle à la main.

Couverture de La Salamandre n°241

Cet article est extrait de La Salamandre
n° 241
Août - Septembre 2017
Article N° complet

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